
Depuis 2 ans, l'OVS Porc Bretagne (Organisme à vocation sanitaire) rassemble les acteurs de la filière porcine (fabricants d'aliment, éleveurs, organisations de producteurs, vétérinaires, abatteurs, laboratoires). "Dans un contexte de crise qui perdure, plus que jamais le sanitaire est la clé de la réussite", souligne Marcel Corman, son président. "L'excellence sanitaire est le gage de bonnes performances techniques et économiques, elle est indispensable pour vendre nos produits, en France comme à l'étranger".
Jouer collectif sur le sanitaire
Le réseau d'épidémiosurveillance, Epiporc, qui prend la suite d'Infoporc, est le dossier de fond de l'OVS. Il s'appuie sur la base de données BDporcs, créée pour répondre à la réglementation sur l'identification et la traçabilité. "Cet outil de surveillance doit entraîner plus de réactivité sur le terrain pour gérer toute apparition de maladies nouvelles et maîtriser les pathologies présentes. Nous devons jouer collectif sur le sanitaire", estime le président.
Le réseau Epiporc s'appuiera sur un système d'information, découpé en 2 modules. Le premier verra le jour cet automne. Il permettra aux vétérinaires et aux organisations de producteurs d'échanger des informations sanitaires liées à un même élevage ou non. Des actions collectives pourront en découler.
Le second module fera le lien avec les laboratoires afin de collecter les résultats d'analyse. Les différents acteurs pourront renseigner le système d'information via les outils informatiques (Pocket PC). L'éleveur, acteur essentiel dans le maillage sanitaire, aura accès à ses données personnelles.
Interlocuteur de l'Etat
La Bretagne est la première région à avoir mis en place une organisation sanitaire porcine. Une démarche que les Bretons voudraient étendre aux autres régions au sein d'une fédération nationale. "Cette configuration faciliterait des prises de position communes sur les questions sanitaires au niveau national, tout en laissant aux régions la latitude pour engager des actions", estime le président.
La gestion du volet sanitaire est une affaire de professionnels. L'Etat a un rôle prépondérant dans la coordination régionale. "Nous souhaitons être son interlocuteur direct sur les dossiers spécifiques liés aux porcs. Mais nous sommes également ouverts aux échanges inter-espèces, sur des dossiers transversaux".
Patrick Bégos
Photo : Philippe Hercouët, de la direction de protection des populations, Marcel Corman, président de l'OVS Porc Bretagne et Jacques Crolais (UGPVB-OVS).
Etats généraux du sanitaire
Suite aux Etats généraux du sanitaire, Philippe Hercouët, de la DRPP, a rappelé les préconisations des groupes de travail nationaux : la création d'une plateforme d'épidémio-surveillance des risques sanitaires (déjà en cours en Bretagne), la reconnaissance des compétences des éleveurs dans les soins courants apportés aux animaux et la consolidation du statut de vétérinaire public et privé. Les groupes de travail demandent également une clarification des rôles et des responsabilités des intervenants dans l'organisation de la lutte contre les maladies. De nouveaux mécanismes de financement (public et privé) et de protection économique sont souhaités. Le financement devrait varier en fonction des maladies.