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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°10751 |
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MATIÈRES PREMIÈRES / Des signes de reprise des cours - Les marchés mondiaux se ressaisissent
 

Depuis la mi-mars, les cours du blé se reprennent sur le port de Rouen. D’à peine 110 euros/t, ils frôlent désormais les 130 euros/t. Si cette hausse s’explique en partie par la baisse de l’euro par rapport au dollar, elle est également due à un réajustement des stocks mondiaux. Mais ils ne dépasseront pas les niveaux de 2009/2010. En maïs, la récolte demeurerait un peu inférieure à la consommation mondiale, tandis qu’en blé, la production dépasserait légèrement les besoins. En soja, les réserves progresseraient mais elles s’inscrivent dans un contexte de forte hausse de la consommation.
Des nouvelles plutôt favorables à une remontée des prix. Bémol toutefois : la Russie dispose de stocks importants, en partie gérés par le gouvernement, et pourrait en remettre une part sur le marché international.


Lait : embellie pour les produits industriels


Le marché des produits industriels laitiers a retrouvé de la couleur. Alors que le cours du beurre s’était stabilisé à 2 000 euros/tonne au premier semestre 2009, il a retrouvé en décembre 2009 son niveau record de fin 2007. Pour les poudres, l’embellie a été moins forte avec des niveaux de fin 2009 inférieurs au pic de 2007.
Plusieurs phénomènes expliquent cette remontée spectaculaire des cours. Déjà, la consommation mondiale de produits laitiers s’est redressée en 2009, après l’éclatement en 2008 de la crise financière internationale et l’affaire de la mélamine en Chine qui ont plombé la demande. « Globalement la demande va mieux mais elle n’est pas à un niveau extraordinaire : elle se rétablit lentement », temporise Benoît Rouyer, chef du service économique du Cniel (interprofession laitière). Les pays d’Extrême-Orient fin 2009 ont à nouveau importé des produits laitiers sans oublier la Russie en 2010 qui est sur la même tendance alors qu’elle avait très peu importé en 2009.


Déficit de la production laitière mondiale


Ce qui semble avoir joué le rôle plus important dans cette remontée des cours est « le peu de marchandise disponible », explique Benoît Rouyer. Ce déficit peut s’expliquer par des problèmes climatiques comme pour l’Australie fin 2009 ou la Nouvelle- Zélande en 2010. Après l’excédent de production en 2008, certains pays ont pris la décision de décapitaliser leurs cheptels laitiers comme aux Etats-Unis. Dans d’autres pays, comme la Roumanie ou la Bulgarie, cette décapitalisation a été « un réflexe de court terme, proche du réflexe de sauve-qui-peut ! », souligne l’économiste du Cniel.


Viandes en hausse


Après la baisse de fin 2008-début 2009, la tendance des prix en viande bovine est à la hausse. Dans la filière porcine, c’est le marché d’Amérique du Nord qui dépeint relativement bien la tendance mondiale en termes de prix. Selon l’Ifip (Institut du porc), le marché bouge actuellement en Amérique du Nord. « Aux États-Unis, le prix du porc a augmenté de 10% entre mars et avril (passant de 1,53 dollar soit 1,13 euro à 1,68 dollar soit 1,25 euro), sous l’influence d’une baisse de l’offre et d’une demande soutenue des abattoirs. La hausse semble se poursuivre lors des trois premières semaines de mai (+9% en dollars et +15% en euros). Un prix américain supérieur devrait tirer le prix européen à la hausse. »
Dans la filière ovine en revanche, le prix de l’agneau en Nouvelle-Zélande depuis le début de l’année 2010 se situe légèrement au-dessous de celui de 2009 (70 cents/kg). « Cela s’explique par le rétablissement de la fertilité des brebis cette année. Les experts néo-zélandais prévoient une hausse des disponibilités pour l’export, ce qui entraînerait un prix inférieur à celui de l’année dernière », explique Anne Mottet, spécialiste de la filière ovine à l’Institut de l’élevage.





Lait : ceux qui maîtrisent et les autres
La France a pris la décision politique de maîtriser sa production laitière. D’autres pays de la zone Europe ont au contraire incité leurs producteurs à produire plus pour compenser la perte de chiffre d’affaires et diluer les charges fixes. C’est le cas des Pays-Bas, du Danemark ou encore de l’Allemagne. En moyenne la production laitière européenne est en retrait de 0,5 à 1 %. En tout cas, la filière laitière peut être relativement optimiste sur des prix haussiers pour une période de 6 mois. Le problème réside dans les changements plus brusques qu’engendre l’abandon des outils de régulation.



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Juin 2010
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