Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°10744 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Ille et Vilaine (35)
Portes ouvertes sur le passage des truies en groupe / L'occasion de remettre à plat l'élevage
 

Le Gaec Lamoureux-Thiébot à Piré sur Seiche fait partie des 20% d'élevages du département qui ont réalisé leur mise aux normes bien-être truies (sur les 650 ayant des truies). Cette réglementation devra être appliquée par l'ensemble des producteurs au 31 décembre 2012. "La mise aux normes a été réalisée en 2007, à l'occasion de la restructuration de l'élevage. Un bâtiment neuf a été construit dans le prolongement de la maternité", explique Vincent Lamoureux, un des associés installé en 1998.
"Nous avons conçu un bâtiment "sur-mesure" en travaillant d'abord sur plan. Les déplacements d'animaux ont été bien réfléchis et optimisés, sachant que les couloirs sont onéreux", précise l'éleveur. Le caillebotis intégral a été préféré à la paille, "qui demande plus de surfaces", et l'alimentation en soupe a été conservée. Aujourd'hui, les 165 truies sont conduites en 5 bandes (7 bandes auparavant). "La semaine du sevrage, toutes les truies sont présentes dans le bâtiment gestantes".


Truies bloquées en attente-saillie


Pour ne pas trop bouleverser le système qui était en place, le choix a été fait de laisser les truies bloquées en attente-saillie jusqu'à l'échographie, dans un système de réfectoires. "Les inséminations ne posent donc pas de problème. Les cochettes sont remises en liberté après insémination". L'objectif est d'inséminer environ 36 – 38 truies par bandes pour aboutir à 30 mises bas. Du 23ème jour après saillie à une semaine avant mise bas, les truies sont regroupées par six dans des cases équipées de bat-flancs de petite taille (30 cm de long), séparés les uns des autres de 60 cm.
"Chaque bande est partagée dans 4 cases de 6 truies et une case de 8 cochettes". L'éleveur, qui déplace souvent les animaux seul, a une astuce pour le passage des réfectoires aux cases : "Je mets de l'aliment à l'arrivée". Dans les cases, les auges sont disposées de façon à voir l'arrière de la truie. "C'est ce qu'il est important d'observer pendant la gestation", argumente Vincent Lamoureux.
Le passage en groupes n'a pas été évident au départ. "Il nous a fallu un an pour mettre en place de nouveaux repères. Certains animaux ne s'adaptant pas ont été réformés". Les éleveurs ont observé une augmentation des gabarits. Par ailleurs, la consommation d'eau a régressé. Conseil de l'éleveur : "il ne faut pas sous-dimensionner la ventilation pour avoir des caillebotis bien secs".
Aujourd'hui, les truies qui ne mangent pas seules peuvent être isolées, "ça n'arrive pas souvent". Rares également sont les avortements liés aux bagarres. Côté vaccination, l'éleveur avoue avoir réduit son temps de travail (en préventif : rhinite quatre semaines avant mise bas et SDRP quatre fois par an). "Quand je peux, je vaccine pendant les repas, en utilisant des prolongateurs d'injection".


Amélioration des résultats techniques


L'investissement dans le nouveau bâtiment a représenté un coût moyen de 920 euros/place gestante, comprenant le terrassement, la maçonnerie, la charpente, les équipements (hors machine à soupe). "Nous avons par contre réalisé nous-mêmes le montage des tubulaires, des cloisons et des auges". Le bilan qu'affiche l'éleveur est positif car les nouveaux équipements ont engendré une amélioration technique. Les résultats sont en effet excellents avec seulement 2% de retours en chaleur. Par portée en moyenne, l'élevage produit plus de 15 porcelets nés totaux et 14,3 nés vivants.
Certes, les normes bien-être représentent un engagement financier de 300 à 1 200 euros/truie présente, selon les élevages, sans rentabilité directe (annuité sur 15 ans de 1 à 5 cts/kg carcasse). Mais c'est l'occasion de remettre à plat le fonctionnement de son élevage et de rénover des bâtiments, avec à la clé de possibles progrès techniques. "L'organisation et le temps de travail peuvent être améliorés : souvent passage de deux à un repas par jour pour éviter les combats et l'hétérogénéité, le raclage est supprimé, le lavage plus facile et les truies sont plus toniques à la mise bas", note Nathalie End, de la Chambre d'agriculture 35.

Agnès Cussonneau


Photo : Vincent Lamoureux et Nathalie End, de la Chambre d'agriculture 35, dans une des cases gestantes équipées de bat-flancs.







Trois systèmes présentés : réfectoire, bat-flanc et Dac


Lors des portes ouvertes sur le bien-être organisées par la Chambre d'agriculture d’Ille-et-Vilaine et les groupements de producteurs, trois systèmes vont être présentés aux éleveurs, tous sur caillebotis (la paille étant moins utilisée). "Le réfectoire avec une aire d'exercice à l'arrière se rapproche le plus des systèmes gestantes actuels et est donc rassurant. Il permet aussi de limiter les concurrences lors des repas. Pour les vaccinations, les truies peuvent être bloquées", indique Nathalie End. Toutefois, il est plus coûteux, car plus gourmand en place. Moins onéreux (minimum de 300 euros/place en rénovation), le système à bat-flanc offre aussi davantage de robustesse. "Il est indispensable d'avoir trois lots minimum par bande (quatre c'est mieux), classés selon le gabarit, pour éviter trop de conflits. Avoir une case dédiée aux primipares est également important". Autre option, le Dac (distributeur automatique de concentrés) qui permet de personnaliser la ration à la truie.
Lors du passage aux normes bien-être, l'éleveur doit revoir son système de production : conduite en bandes, alimentation, travail, organisation des bâtiments, voire taille d'élevage. L'approche devient davantage animalière, avec une gestion différente des vaccinations, des retours en chaleurs… Nathalie End conseille de prévoir davantage de marge, de souplesse. Et de préciser : "Mieux vaut appréhender toutes ces modifications, pour au final améliorer l'efficacité du travail. L'échange entre éleveurs et la visite d'installations en place sont capitaux à ce niveau". L'éleveur devra aussi se poser la question du devenir des truies pendant les travaux.


 







Portes ouvertes : en pratique

Sur chaque site, la réglementation sera rappelée, ainsi que les financements possibles (jusqu' à 15 000 euros par exploitation et 100 euros/truie).
Le 22 juin, de 10 h à 16 h 30
- SCEA Rossard à Domalain. 210 truies en 5 bandes. Réfectoire en attente-saillie, petits groupes avec bat-flanc, alimentation à sec, caillebotis intégral.
- Baslé Benoit à Brielles. 100 truies en 5 bandes, réfectoire en attente-saillie et gestantes, soupe, caillebotis intégral.
- Gaec Lamoureux-Thiébot à Piré sur Seiche. 165 truies en 5 bandes, réfectoire en attente-saillie, petits groupes avec bat-flanc, soupe, caillebotis intégral. Restauration offerte sur ce site à midi avec le témoignage vidéo de l'EARL du Chef du Bois à Plédéliac (22). 420 truies sur 6 stations Dac, caillebotis avec box sur gisoir.

Le 2 juillet, de 13 h 30 à 16 h 30
- EARL Prier-Le Borgne à Pipriac. 360 truies en 5 bandes, réfectoire en attente-saillie, petits groupes avec bat-flanc, soupe en gestantes, caillebotis intégral. Sur le site, témoignage plus vidéo de l'EARL du Chef du Bois à Plédéliac (22). 420 truies sur 6 stations Dac, caillebotis avec box sur gisoir.
Contact et inscription : Chambre d'agriculture au 02 23 48 26 70.



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Juin 2010
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12812 depuis 1997)