Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
L'érosion en champ de pomme de terre / Des solutions pour limiter le ruissellement
 

Le buttage qui réduit la surface d'infiltration, les lignes de semis généralement dans le sens de la pente et la mise en place de la culture en avril, lorsque les pluies peuvent être  abondantes avant la levée , font de la pomme de terre une culture à risque érosif. Malgré le faible nombre d'hectares concernés par la production en Bretagne, la problématique est prise au sérieux. « L'afflux de sédiments dans le Blavet, certaines années, a donné une mauvaise image de la culture, y compris chez les élus », indique Sophie Beausire, animatrice du bassin versant de l'Evel (Pontivy). Le ruissellement est un vecteur de transport des produits phytosanitaires. Un problème pour l'environnement doublé d'une perte de terres préjudiciable au producteur. Des techniques pour limiter l'érosion existent. Sont elles suffisamment efficaces pour être adoptées par l'ensemble des producteurs? « Nous réalisons des essais pour évaluer les avantages et les inconvénients des solutions envisagées », indique Philippe Dolo, technicien à Bretagne Plants.


Plantation en buttes


La technique du « barbutte » consiste à créer des micro-barrages de 6 à 7 centimètres de hauteur dans les sillons (entre-buttes). Ces barrages, placés tous les 1,60 mètres retiennent l'eau et facilitent son infiltration. L'efficacité, mesurée sur des essais réalisés en Belgique et dans le nord de la France, a été démontrée. La diminution de la quantité d'eau de ruissellement serait de 97% et les quantités de terre exportées seraient quasiment nulles. Sur les premiers essais réalisés en Morbihan, le système semble convaincant, en terme de ruissellement. Les freins techniques sont, à ce jour, encore nombreux. « Il faut pouvoir installer le matériel derrière la planteuse pour éviter un passage supplémentaire, ce qui est actuellement le cas dans les essais », tempère Philippe Dolo.  Actuellement, un hectare est « barbutté » à l'heure. Couplé à la planteuse, il devra être plus rapide. « Le système devra être suffisamment proche du tracteur pour éviter le déport qui serait préjudiciable aux buttes ».
Certains sillons seront épargnés pour permettre le passage ultérieur du tracteur (pulvérisation). Avant la récolte, il semble indispensable d'effacer les « barbuttes » pour faciliter la progression régulière du tracteur et de l'arracheuse entre les rangs. « Là encore, il faudra innover et adapter un dispositif devant le tracteur pour étaler les bosses ». En production de plants, le Réglone, produit utilisé pour défaner les plantes, pourrait être prochainement interdit. « Le broyage des fanes sera alors la seule solution. Le passage du tracteur sera difficile, là aussi , en raison de la présence des barbuttes ». Enfin, toujours en production de plants, l’épuration des plants indésirables qui nécessite le passage dans les inter buttes devient inconfortable.


Plantations en billons


La culture en billons (planches d'1,70 à 1,80 mètres à trois rangs de pomme de terre) gagne du terrain. Les plus gros producteurs s'équipent progressivement de matériels adaptés à cette technique. Selon les secteurs de production, 20% à 40% de la production bretonne serait déjà concernée. La problématique, pour éviter le ruissellement, est donc différente. « Un rouleau à alvéoles est installé derrière la planteuse. Il réalise 44 cavités par m2 sur le billon ». Ces alvéoles retiennent 200 m3 d'eau par hectare soit l'équivalent d'une irrigation. Cet équipement ne règle pas le problème de l'écoulement dans les inter-billons, qui occupent quand même 35% de la surface totale. « Là encore, il faudra innover en adaptant le matériel pour créer des micro-barrages, directement à la plantation, avec la technique du barbutte ».


Deux cultures


Producteurs et techniciens s'activent pour régler le problème de l'érosion. Aucune technique n'est totalement satisfaisante, à ce jour, en raison de la charge et du confort de travail. Les essais se poursuivent. Dans l'immédiat, la combinaison de deux cultures sur les grandes parcelles en pente (une bande en  céréales et l’autre en  pomme de terre ) semble la solution la plus simple pour éviter les forts écoulements. La bande enherbée protège également la rivière en contre bas.

Bernard Laurent


Photo : La technique du « barbutte » à l'essai chez Henri Le Clainche, à Remungol

 







Supprimer les traces de roues (toutes cultures)

Dans le cas d'un semis en combiné et pour une pluie de 20 mn (tests réalisés à la station de Kerguehennec), le volume ruisselé est divisé par trois par rapport à un semis classique en deux passages. L'outil rotatif limite l'effet du tassement des roues du tracteur. Le cumul d'un montage de dents « efface traces » sur le semoir, à la herse peigne à l'arrière, a un effet supérieur. Cette amélioration s'explique par le travail des dents à l'arrière des roues du tracteur et à l'action de la herse sur les traces propres du semoir (roues et lignes de semis). Les voies de circulation de l'eau sont ainsi fortement réduites. Le travail du sol au niveau de la roue évite le tassement et le sol fraîchement travaillé garde une bonne capacité d'infiltration. Ce type d'équipement (effaceurs et herse peigne) souvent généralisé sur les semoirs à céréales, peut être adapté à l'arrière des semoirs à maïs. Il améliore les pratiques culturales et participe à la reconquête de la qualité de l'eau.









Plate forme Pommabreizh

Ces matériels seront en démonstration sur la plateforme Pommabreiz organisée par la filière pomme de terre ( Bretagne plants , Cecab, Coopagri Bretagne, Germicopa) et Syngenta le mardi 6 juillet 2010 à Landivisiau



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Juin 2010
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