
Installé en 1998, en production laitière, Olivier Edy s'est progressivement orienté vers un système de production herbager. Les 66 hectares, majoritairement groupés autour de l'exploitation, s'y prêtaient. Il lui aura fallu une douzaine d'années pour franchir la dernière étape vers la production biologique. Le déclic a eu lieu lors d'une visite, l'an dernier, chez un producteur du secteur, en bio depuis plusieurs années, sur une structure similaire à la sienne: 262 000 litres de référence. « Il nous a présenté ses résultats économiques. En 2007, il avait dégagé 20 000 euros d'EBE de plus que moi, sur la même période ». Une différence essentiellement due au prix du lait vendu.
¾ de la ration en pâturage
Depuis un mois, l'engagement est pris. Les 48 vaches de race Montbéliarde et Pie rouge produiront du lait bio, à base d'un système reposant largement sur le pâturage. 36 hectares sont accessibles aux laitières sur les 52 hectares d'herbe. Les 16 restants seront consacrés aux génisses. « Les 36 hectares représentent 75 ares par vache. Ils doivent permettre le pâturage quotidien d'environ 20 kilos de matière sèche d'herbe pendant 9 mois de l'année », estime Philippe Roger, de la Chambre d'agriculture. De quoi assurer les ¾ de la ration des animaux en évitant les stocks. L'objectif étant de limiter ces stocks à 2 tonnes de matière sèche par UGB. Plusieurs variétés de RGA et de trèfle blanc constituent les prairies. Une seule parcelle séchante est implantée en dactyle. 7 hectares de maïs fourrage et 7 hectares de mélange céréalier (triticale, orge avoine, pois) complèteront l'alimentation des laitières. Une bineuse et une herse étrille ont été achetées (40% de subvention). L'éleveur avait déjà procédé à des essais probants de désherbage mécanique les années précédentes. L'objectif est d'atteindre des rendements comparables au conventionnel, en cultures.
Interrogations
Des points d'interrogation demeurent. 14 hectares sont éloignés du siège de l'exploitation. Olivier Edy souhaite y implanter les cultures. « Je n'ai pas de recul sur la rotation ». Avec quelles cultures allonger la rotation? Quelle interculture entre mélange céréalier et maïs? « Actuellement, j'implante de la navette et de la moutarde blanche ». Les parcelles concernées resteront-elles suffisamment propres et productives ? L'éleveur n'a pas, à ce jour, les réponses, ni l'assurance de pouvoir conserver toute la surface autour du siège en herbe, si ce n'était pas le cas. Une légère adaptation du système de production serait alors nécessaire sans remettre en cause l'équilibre économique de l'exploitation. Depuis le mois d'avril et durant toute la période de conversion, le prix du litre de lait est payé 30 centimes de plus qu'en conventionnel. De quoi rassurer l'éleveur d'avoir fait le choix de la bio.
Bernard Laurent
Photo : La porte ouverte de l'exploitation d'Olivier Edy était organisée par le Gab et le syndicat du bassin versant du Scorff