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SAFER / Les échanges coordonnés - L’enjeu de l'amélioration parcellaire
 

Nous faisons de l'aménagement parcellaire au quotidien. C'est un vrai travail de fourmi qui demande de la patience", souligne Jean-Paul Le Lan, directeur général de la Safer. Le rôle ne se limite pas à l'installation ou à l'agrandissement. "Comme le foncier est très dispersé, nous devons souvent coordonner des échanges multilatéraux de parcelles entre voisins".


Trois fois plus de fuel


Les exemples donnés par Soizic Perche, de la Chambre d'Agriculture 35, illustrent l'intérêt de l'amélioration parcellaire. Une parcelle de cultures située à 5 km nécessite globalement 11 heures de transport. Quand la distance passe à 15 km, le temps de transport triple, à 33 heures. Une étude a permis de comparer la consommation de fuel pour une parcelle de 10 ha de maïs fourrage. "Quand la distance entre l'exploitation et la parcelle passe de 1,5 km à 7 km, l'exploitant parcours 924 km de plus et consomme 400 L de fuel en plus, sans parler de l'usure du matériel et du temps perdu", explique la conseillère.
Le troisième exemple est tout aussi parlant. La comparaison porte sur un chantier d'épandage de lisier. Pour un épandage de 35 m3 de lisier/ha, la consommation de fuel triple (de 0,3 L à 1 L par m3 transporté) quand la distance entre l'élevage et la parcelle passe de 1 km à 8 km.


De meilleures conditions de travail


Au-delà de ce volet économique, l'échange parcellaire permet une meilleure efficacité du temps de travail et une meilleure surveillance des animaux. Les projets étudiés à Bain de Bretagne ont permis d'aménager des chemins d'accès, de mettre en place un réseau de distribution d'eau dans des parcelles mieux groupées et de simplifier l'installation  des clôtures. "Toutes ces améliorations ont permis une nette diminution du temps nécessaire pour accompagner le cheptel au champ. Elles ont aussi facilité le travail sur le coût alimentaire, en optimisant les surfaces proches de l'exploitation et en donnant plus de souplesse dans l'assolement".
"Les réserves foncières dont nous disposons nous donnent des outils pour favoriser ces échanges entre voisins", déclare Joseph Gautier, président de la Safer. "Notre intervention à l'occasion d'une installation ou d'un agrandissement est souvent le déclic d'un aménagement parcellaire plus vaste, impliquant d'autres agriculteurs". Parfois l'équipe municipale devient le moteur de l'opération comme à Domagné (35), commune confrontée à la fois à l'installation de jeunes, au développement de l'habitat et des entreprises et à l'emprise de la ligne LGV.   
Patrick Bégos


Photo : Pour une parcelle de 10 ha de maïs, le matériel parcours 924 km de plus et consomme 400 L de fuel de plus quand la distance entre l'exploitation et la parcelle passe de 1 km à 7 km.




Plus de foncier pour l'installation
En 2009, le marché foncier breton a évolué à la baisse (-18 % en surface) comme l'ensemble des régions françaises. "Le marché accessible à la Safer est également en baisse (-16 %), avec un marché qui se restreint en Ille-et-Vilaine (2 500 ha), contre plus de 4 300 ha dans chacun des autres départements", souligne Jean-Paul Le Lan. Dans ce marché, la demande reste soutenue de la part des agriculteurs mais aussi des collectivités et des particuliers. "Ainsi, la part de marché orientée vers l'artificialisation et le loisir représente 15 % contre 14 % en 2008". Après une remontée régulière de 1995 à 2008, le prix moyen des terres bretonnes chute en 2009 (autour de 4 000 euros/ha) mais continue à progresser dans certains secteurs comme Saint Malo, le nord-Finistère et le littoral morbihannais.
"Malgré ces restrictions, les activités de la Safer progressent en nombre d'actes, en surfaces et en valeur", précise J.P. Le Lan. "La présence de la Safer sur le marché des acquisitions qui lui est accessible est plus significative (26 % du marché, voir 30 % en Ille-et-Vilaine et en Côtes d'Armor)". Le nombre moyen de candidats par opération a encore augmenté. Il se situe à 5,6 en moyenne contre 5 en 2008. Il est même de 6,8 dans les Côtes d'Armor et de 5,7 en Ille-et-Vilaine, alors que la moyenne française est de 2,9. "Dans les rétrocessions, la part liée aux installations progresse (36 % des surfaces) alors que les agrandissements représentent 37 % des surfaces au lieu de 47 % l'année précédente".



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Date de l'article : semaine du N° du 28 Mai au 3 Juin 2010
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