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Lait / Pour des comptes au vert - Optimiser le pâturage
 

La barre de coupe la moins onéreuse, c’est la mâchoire de la vache ! Un hectare d’herbe sur pied, c’est une charge moyenne d’environ 100 euros. Dès que l’on y passe un outil pour faire des stocks, il faut multiplier ce coût par plus de trois s’il s’agit de foin ou d’ensilage, et presque quatre dans le cas d’enrubannage ! Les charges de mécanisation, de stockage, de distribution, de main d’œuvre font sérieusement grimper la facture. Pour le maïs, il faut compter plus de 900 euros/ha pour un maïs ensilage traditionnel, avec les charges de structure. Evidemment, le rendement n’est pas le même. Si l’on valorise 4 ou 5 tonnes de matière sèche sur une prairie, le rendement sera plus du double pour le maïs. Point fort de l’herbe : il s’agit d’un aliment équilibré par nature. On y ajoute peu de concentrés. Par contre, aux 900 euros du maïs, il faut aussi ajouter la charge de correcteur azoté nécessaire à l’équilibre de la ration de base. Autre avantage de la pâture : les déjections sont restituées directement sur la prairie, ce qui évite des frais de paillage, de stockage et de manipulation.


Evaluer le stock


Savoir gérer l’herbe s’impose à l’éleveur qui souhaite maximiser son utilisation en fermant pendant une période significative le silo de maïs. Première règle : ne pas sortir trop tôt les animaux, ou en tout cas attendre que les sols soient suffisamment portants pour supporter le pâturage. Il serait dommage d’avoir des pâtures trop vite dégradées. En cas de climat favorable à une pousse rapide, il faut éviter de se retrouver débordé par des excédents d’herbe à traiter rapidement pour éviter une perte de qualité. L’idée est d’évaluer le stock d’herbe sur pied pour calculer la surface à traiter par la barre de coupe. Dès que l’avance est trop importante par rapport au système mis en place, une séquence de fauche sera nécessaire. La réalisation de foin est à privilégier, d’un point de vue économique, si la météo est favorable. Il est aussi plus facile à distribuer en période de transition.
Pour des fauches plus importantes, avec des surfaces en herbe sur des parcelles éloignées du siège de l’exploitation, l’ensilage d’herbe est une technique adaptée. Il permet aussi des récoltes précoces que le foin n’autorise pas. L’enrubannage, lui, est à privilégier sur des petites surfaces ou bien encore pour sauver une récolte de foin qui serait menacée par la météo. Mais compte tenu du coût élevé de ce type de chantier, il serait très onéreux de le systématiser. Compte tenu de son coût, ce système doit être utilisé sur des fourrages de qualité.


Réduire les charges


Les frais de mécanisation sont directement liés au fait de récolter au bon moment et avec la méthode adaptée. C’est un poste de charge important dans le coût des fourrages. Un autre poste de frais présente une variabilité très forte selon l’étude annuelle laitière Cogedis réalisée auprès de 1200 exploitations spécialisées. Le poste engrais peut en effet varier du simple au triple. La maîtrise de la fertilisation est donc un axe de travail essentiel (cf. encadré).

Emmanuel Etesse, Cogedis


Photo : Les frais de mécanisation sont directement liés au fait de récolter au bon moment et avec la méthode adaptée.





Fertiliser l’herbe au juste prix


Objectif : la juste dose au bon moment pour maximiser le rendement de la parcelle.
Pour connaître le stade optimal du premier apport d’azote, les experts privilégient la somme de température à partir du 1er janvier. Et les essais menés par les organismes techniques montrent que lorsque la somme de températures atteint 200 °C, l’épandeur peut être attelé !
Autre levier possible pour baisser la note d’engrais : l’association d’une graminée avec le trèfle blanc. Là aussi, les essais menés depuis plusieurs années sont éloquents et montrent que les passages d’engrais minéral peuvent être divisés par 3 avec 40 à 50 % de trèfle blanc en association dans une prairie temporaire.
Enfin, viser la longévité de ses surfaces en herbe reste une stratégie payante. Pour cela, il faut bien choisir ses semences au moment de la réimplan-tation, et ne pas hésiter à mettre un peu plus cher si cela permet de les garder quelques années de plus.



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Date de l'article : semaine du N° du 28 Mai au 3 Juin 2010
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