Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°10724 |
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Finistère (29)
Porfimad / Les éleveurs veulent des perspectives
 

En quelques mots, François Pot trace les contours de la coopérative porcine qu’il préside. « Les 170 adhérents sont pour l’essentiel des naisseurs-engraisseurs qui mènent des élevages cohérents. C’est-à-dire avec moins de façonnage ; c’est-à-dire plus autonomes en alimentation, donc moins soumis aux spéculations sur les matières premières ». Un type d’élevage qui, selon une étude d’un centre de gestion, permet de gagner « 4,20 euros/100 kg en coût de revient par rapport à moyenne des éleveurs bretons », indique Jacques Guéguen, directeur.


« Les efforts sont faits »


Pour autant que le groupement se félicite de sortir du cochon moins cher que ses voisins, il ne se contente pas d’une crise qui perdure et d’une réglementation qui tient la production dans un étau. Les dirigeants considèrent en effet que « l’environnement a pris le devant sur l’économique ».
« En environnement, les efforts sont faits. Il faut dire stop », poursuit le président qui ne comprend pas l’absurdité de certaines règles du jeu. « Un porc consomme 25 % d’aliment en moins qu’il y a 25 ans ; les émissions d’azote ont diminué d’un quart depuis 1990 ; en Bretagne 450 stations traitent les excédents d’azote, etc. Et dans le même temps, les cantons en Zes restent en Zes même si les excédents sont totalement résorbés. Si l’on voulait délocaliser la production, on ne s’y prendrait pas mieux ».


Un « Grenelle » maison


En réponse à « cette fuite en avant environnementale », le groupement a imaginé un « Grenelle Porfimad » qui sera soumis à approbation symbolique lors de l’assemblée générale du groupement qui se tiendra le 4 juin, à Pleyben. Un « Grenelle » en 11 points dont l’objectif est de « mettre l’agriculture au service de la croissance économique ».
Ce « Grenelle maison », qui demande « d’imposer un moratoire environnemental », aborde aussi la notion de marché. Et les responsables du groupement d’ironiser sur la LMA (Loi de modernisation de l’agriculture) : « Il y a des grands penseurs qui oublient que le marché, c’est la loi de l’offre et de la demande ». Des propos critiques qu’il faut relier à la politique commerciale de ce groupement qui vend 75 % des porcs par le MPB.
« La contractualisation n’est pas applicable à la production porcine », explique Roger Moguen, vice-président. « Avec la contractualisation, les bons coups, les éleveurs n’en feront pas ; les mauvais certainement. Je prends l’exemple des éleveurs anglais qui sont contraints de présenter leurs résultats aux distributeurs, ce qui est toujours prétexte pour baisser les contrats ».
Bref, les éleveurs de ce groupement revendiquent « une organisation qui permet aux éleveurs de rester de véritables entrepreneurs ». Et de conclure : « Nous voulons tout simplement retrouver l’espoir d’être là demain. Et c’est quand même incroyable que dans un pays baigné par la morosité, on empêche ceux qui ont la gnaque d’investir ».

Didier Le Du




Rétablir la vérité


En introduisant les débats par les propos de Sylvie Brunel, géographe, qui plaide pour le respect des paysans, les responsables du groupement veulent donner « espoir » aux éleveurs.
Mais, c’est surtout l’environnement qui sera au cœur de l’assemblée générale du groupement. Ou plus précisément, une réglementation environnementale, qualifiée « d’anti-économique ».
« Nous voulons rétablir la vérité sur l’impact de l’agriculture sur l’environnement », indiquent les membres du bureau qui ont invité Christian Buson, président de l’institut scientifique  et technique de l’environnement. Avec des sujets sensibles qui seront traités sans tabous : comme le « faux procès » fait à l’agriculture bretonne, l’impact des nitrates sur l’environnement, la désinformation sur les marées vertes…





Légende photo : De gauche à droite : Jacques Guéguen, directeur ; Roger Moguen vice-président ; François Pot, président ; Sébastien Brishoual, responsable de la commission « jeunes ».

 



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Date de l'article : semaine du N° du 28 Mai au 3 Juin 2010
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