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Morbihan (56)
Un GFA mutuel, à Muzillac, pour accéder au foncier / 80 associés ont permis l’installation de Denis Lucas
 

Deux expériences négatives, pour s'installer, n'ont pas découragé Denis Lucas. En recherche de foncier depuis 2007, il vient de trouver la solution pour produire de la viande bovine en vente directe et des légumes de plein champ pour la restauration collective. Épaulé par l'association Terres de liens, il a pris l'initiative de créer un GFA (groupement foncier agricole) pour éviter l'achat des terres. « Les 30 hectares d'une exploitation à Muzillac étaient à vendre. Je n'avais pas les moyens financiers de les acheter ». 108 000 euros à trouver. Difficile de convaincre les banques. « J'ai décidé de faire appel à l'épargne des futurs consommateurs de mes produits ». Des contacts avec des connaissances débouchent sur trois réunions d'information, en octobre et novembre 2009. Des réunions d'information qui ont suffit à regrouper 80 associés, apporteurs de capital. « Les apports varient entre 200 et 10 000 euros par associé ». L'assemblée générale constitutive du GFA a eu lieu en décembre dernier. Denis Lucas est en cours d'installation.


Limiter l'endettement


Le GFA achète la terre et la loue à l'agriculteur. En fin d'année, le bénéfice est réparti entre les associés. « Le rendement du placement devrait, selon nos prévisions se situer autour de 1 à 2% ». Denis Lucas vante les avantages d'une telle initiative. « N'ayant pas à acheter le foncier, je peux investir, dès le début du projet, dans le cheptel et dans le matériel nécessaire à la bonne marche de l'entreprise. L'endettement reste limité ». Les associés sont des futurs consommateurs qui ont accepté de placer leur épargne localement, dans un projet qui leur semble bénéfique à tous, respectueux de l'environnement et conforme à leur valeurs. Une assemblée générale aura lieu tous les ans. Les associés s'engagent pour trois ans. La cession de parts ou le retrait d'un associé est possible, en respectant cet engagement.


A la chasse au foncier improductif


La communauté de communes de la ria d'Etel a dénombré 300 hectares de friches sur son territoire, dont 200 avec une réelle valeur agronomique, selon Olivier Jegou, de l'Odasea. Des courriers ont été expédiés aux propriétaires pour leur rappeler leur devoir d'entretien et leur signaler que des jeunes sont en recherche de foncier pour créer une activité agricole. La difficulté pour les convaincre de louer leurs terres réside, bien souvent, dans le statut du fermage qui bénéficie, selon eux, au locataire. A Locmariaquer, 260 hectares offrant des perspectives de retour à l'agriculture, ont été identifiés. De nombreuses communes du littoral souhaitent ainsi encourager l'installation de jeunes, souvent en circuits courts, ou renforcer les exploitations existantes en récupérant des terres délaissées, avec un potentiel de production agricole.


Des consommateurs veulent un maraîcher à Saint-Nolff


Une association de consommateurs de Saint-Nolff travaille en collaboration avec les élus de la commune pour faciliter l'installation d'un maraîcher. « Nous avons procédé en trois étapes », indique Patricia Dadet, porte parole de l'association. « Nous avons d'abord recensé les terres en friche sur la commune. Nous avons ensuite recherché les propriétaires. Enfin nous souhaitions trouver un porteur de projet ». Pas évident pour des consommateurs qui ne connaissent pas l'agriculture. « Ce fut un échec. Nous nous sommes donc revu avec la municipalité. Elle a donné pour mission à un stagiaire de faire évoluer le projet ». Avec plus de méthode et une meilleure répartition des tâches. « L'association s'est limitée au dénombrement des parcelles en friche. Le stagiaire a créé des fiches techniques avec la localisation, la qualité des terres, leur utilisation antérieure, la qualité des sols,  l'ensoleillement et l'existence ou non de bâtiments ». La municipalité s'est chargée de contacter les propriétaires ou leurs descendants. La partie la plus difficile selon Patricia Gadet. Le répertoire est donc effectué. Ces informations ne sont pas accessibles au public mais sont intéressantes pour le porteur de projet.  La troisième étape qui consiste à trouver un jeune soucieux de s'installer en maraîchage a été confié à l'association La Marmitte. Résultat attendu dans les prochains mois.




Légende photo : Un public nombreux, témoignant d'une attente réelle, a participé au débat concernant l'installation et l'accès au foncier.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Mai 2010
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La révolution rurale des années 60





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