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Plus d'agneaux par brebis / La productivité numérique fait le revenu
 

Avec la revalorisation des aides, l'année 2010 apporte une bouffée d'oxygène aux éleveurs d'ovins", déclare Yannick Le Gargasson, président de Bergeries de Bretagne. "Les grands troupeaux pratiquant les systèmes herbagers en sont les principaux bénéficiaires, car les élevages d'agneaux de bergerie, bien présents en Bretagne, sont davantage tributaires des variations du prix de l'aliment que des aides".


Plus de certification


"Bergeries de Bretagne" regroupe 106 adhérents pour 16 500 brebis, soit une taille moyenne de 155 brebis. Les élevages se spécialisent : 10 % des adhérents commercialisent 40 % des agneaux. Malgré tout, la taille du groupement demeure une préoccupation avec bientôt la nécessité d'atteindre le seuil de 40 000 brebis pour être agréé. Les négociations menées avec Ovi Ouest auraient permis de réunir les adhérents bretons dans une seule entité, mais elles ont échoué.
Cette année, le groupement a commercialisé 16 600 agneaux dont 56 % certifiés "Agneaux de nos régions" contre 52 % l'an passé. "La progression constante de la certification montre que le travail technique porte ses fruits", explique Jean-Yves Renault. "Un agneau certifié bénéficie d'une prime de 0,30 euro/kg et d'un complément de prime de désaisonnalité". Cette dernière varie de 0,10 euro/kg début octobre et fin février à 0,40 euro/kg de mi-novembre à mi-janvier. L'écart de prix entre un agneau certifié et un agneau standard est en moyenne de 0,56 euro/kg. Cet écart peut dépasser 0,70 euro/kg à certaines périodes de l'année.


Se donner des priorités


Si les aides représentent une part importante pour les éleveurs, l'amélioration des résultats techniques est le meilleur garant du maintien du revenu, notamment à partir de 2013, échéance au-delà de laquelle les primes européennes pourraient être remises en cause. Une étude réalisée par les réseaux d'élevage de l'Ouest a permis de regrouper les résultats de 492 fermes ovines spécialisées et de montrer les marges de progrès.
L'analyse donne un revenu moyen de 20 000 euros/UTA, pour 500 brebis. Comment améliorer ses résultats économiques ? "Il faut se donner des priorités", répond Coralie Chaumeny, technicienne du groupement. Le premier levier est la productivité numérique, c'est-à-dire le nombre d'agneaux par brebis présente. "En agissant sur la prolificité par la sélection des mères et sur la réduction de la mortalité des agneaux, on peut accroître la productivité : 0,15 agneau de plus par brebis améliore le revenu de 5 500 euros/an".


Mécaniser, rationaliser


La productivité du travail est le second levier. "En effet, en mécanisant certaines tâches comme l'alimentation, en rationalisant les périodes d'agnelage, l'éleveur peut augmenter le nombre de brebis par unité de travail : 110 brebis de plus par UTA apportent 4 400 euros de revenu supplémentaire", souligne la technicienne. 
Troisième levier, la valorisation des agneaux. Une plus-value de 0,4 euro par kg de carcasse par la sélection ou la certification représente au total 2 600 euros par an. Produire des carcasses un peu plus lourdes en valorisant bien la ration par des aliments de qualité, un bon rapport UF/PDI, la maîtrise de l'acidose, est également bénéfique pour le revenu : 1 kg de carcasse en plus, c'est 2 100 euros de revenu en plus.
L'éleveur doit travailler dans trois directions. "D'abord diluer les charges de structure de son exploitation en ayant un nombre de brebis suffisant et une bonne productivité", déclare C. Chaumey. "Puis maximiser les produits en agissant sur le poids des agneaux et le prix du kg de carcasse. Et enfin maîtriser les charges opérationnelles notamment au niveau du concentré par brebis et des frais d'élevage".     

Patrick Bégos



Aliment complet ou fermier ?
Des essais réalisés par CCPA, dans une exploitation ovine de Vitré ont permis de comparer deux types d'alimentation des agneaux : un aliment complet d'une part et un aliment "fermier" composé de 50 % d'orge et 50 % de complément. La comparaison a été faite sur plusieurs lots de 70 agneaux pesés à 60, 80 et 100 jours. "Les premiers résultats montrent une amélioration de 13 % du GMQ et une baisse de 3,7 % de l'indice, dans les lots d'agneaux nourris à l'aliment complet par rapport à l'aliment fermier", souligne Emmanuel Le Page, de CCPA.
"Quand le différentiel de prix entre l'aliment complet et l'aliment fermier est de 30 euros/t, l'éleveur peut se permettre une consommation supplémentaire de 10 kg d'aliment par agneau en aliment fermier", poursuit le nutritionniste. "Au-delà, il est perdant. Le rapport est de l'ordre de trois". L'éleveur est souvent attentif au prix de l'aliment, il doit aussi être vigilant aux quantités consommées et aux croissances qui en résultent. Le moins cher n'est pas toujours le plus intéressant, la consommation peut effet varier de 60 à plus de 100 kg de concentré par agneau.





Légende photo : Le groupement comprend une centaine d'adhérents dont certains se sont spécialisés et produisent plus de 500 agneaux par an.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Mai 2010
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