
Philippe Le Méhauté s’est installé en 1991, en Gaec avec ses parents. Une association qu’il a poursuivi quelques années avec un frère. Aujourd’hui, c’est au sein d’une EARL avec son épouse Maryline qu’il continue son métier d’éleveur laitier : 55 vaches pour un quota de 400 000 litres sur 55 hectares.
Originalité pour la région, celle d’avoir choisi la Brune comme race principale de son troupeau laitier. « La Brune a fait son entrée dans l’élevage en 2000. Je souhaitais avoir une autre race, considérant avoir fait le tour avec la Prim’Holstein. Par contre je souhaitais conserver une race laitière ». Et au final c’est un peu le hasard qui l’a amené vers la Brune. « Je l’ai découverte au concours agricole de Guingamp ». Une visite chez Jean-Pierre Le Flohic, éleveur à Pont-Melvez, président du syndicat départemental de la race à fini par le convaincre.
« J’ai d’abord acheté une dizaine de génisses en 2000 et 2001 en Allemagne ». Avec une petite surprise, du taux mais pas trop de lait. De ce fait ses choix génétiques vont se porter rapidement sur des taureaux améliorateurs en lait, sans pour autant dégrader les autres caractères. Il a ensuite étoffé son troupeau par des achats diversifiés notamment en Côte d’Or, Aveyron, Cantal.
Une race pas stressante
Aujourd’hui, dans leur troupeau de 55 vaches laitières ils ne comptent pas moins de 35 à 40 Brune et le reste en Prim’Holstein. Ce qu’ils apprécient avec la Brune c’est d’avoir des animaux dociles, résistants aux mammites, solides sur leur membres avec peu de problèmes d’aplombs et une bonne facilité de vêlage. « C’est une race qui n’est pas stressante, très agréable à conduire », insiste l’éleveur.
La génétique de départ, surtout Américaine, est désormais plus diversifiée. Les éleveurs utilisent notamment des taureaux français comme Talc pointé 149 en ISU, fils de Ace sur Pete Rose, ou encore Traction avec un ISU de 137, fils de Président sur Jetway. « La stratégie reste d’améliorer certains postes, comme le lait ou la morphologie, sans détériorer les fonctionnels ».
Depuis un an, ils ont aussi commencé à travailler sur des génisses avec des taureaux sexés. « L’un des handicaps de la race, c’est la valorisation des mâles. L’objectif en utilisant les semences sexées est donc de diminuer la proportion ». Nous avons notamment utilisé les taureaux allemands Vasir (Vinozak/Siray) et Juleng (Jublend/Playboy). La réussite en 1ère IA se situe avec les taureaux sexés à 50 %, contre 90 à 95 % avec de la semence classique. « Cela vaut le coup d’essayer, et si cela ne prend pas, on insémine avec les autres taureaux du catalogue », poursuit Philippe.
Si les éleveurs souhaiteraient donner encore un peu plus de place à la Brune dans leur élevage, il n’est cependant pas question de brûler les étapes. « La conduite des deux races simultanément ne pose pas de problème particulier. Cela va se faire au fur et à mesure de l’augmentation de la performance laitière par vache. La moyenne du troupeau de Brune est actuellement de 7000 kg, nous visons les 8000 kg ». L’évolution du troupeau le rend confiant. « Le travail de sélection commence à payer avec quelques vaches ayant un ISU autour de 140. Le niveau monte notamment dans les jeunes générations »,concluent les éleveurs. L’utilisation de taureaux affichant des ISU élevés comme Vazir ( ISU : 179) devrait contribuer à poursuivre dans ce sens.
Pierre Dénès
Trois animaux sélectionnés pour l’interrégional
L’élevage participera au concours interrégional dans le cadre des Terralies, le dimanche 30 mai. Le Concours qui rassemblera 46 animaux débutera à 13 heures 30 sur le Grand ring avec le jugement de 7 sections et 8 prix spéciaux. A noter également une vente de 6 génisses et quelques embryons, vente sous plis cachetés. Trois animaux de l’élevage ont été retenus.
• Britanny, en 2e lactation. Cette fille de Jublend née sur l’élevage est pointée 87 en mamelle et 85 en note globale. Elle a produit en 1ère lactation 6100 kg à 32,2 de TP.
• Valseuse en 3e lactation. Fille d’un taureau français « Général », pointée 85 en mamelle et 83 en note globale a produite 7300 kg en 2e lactation à 37,3 de TP.
• Ultra en 5e lactation. Née sur l’exploitation, pointée 87 en mamelle et 85 en note globale, elle a produit en 4e lactation 7600 kg à 34 de TP.
www.brune-genetique.com
Repères
•EARL Le Méhauté, Plouagat
55 ha en production laitière.
Système conventionnel avec maïs et herbe. Quota de 400 000 litres. Deux races :
- Brune (35-40 vaches) : 7000 kg à 36,2 de TP et 40 de TB
- Prim’Hostein (15 à 20 vaches) : 8500 kg à 32 de TP et 43 de TB
•Pointage du troupeau Brune à L’UPRA
- Mamelle 84
- Morphologie 83,3
- Global 82,3
•Terralies les 28-29 et 30 Mai au Parc des Expositions de Saint Brieuc
www.terralies.com
Légende photo : Maryline et Philippe Le Méhauté, éleveurs à Plouagat, possèdent une quarantaine de Brune et le reste en Prim’Holstein.