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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°10711 |
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APLI / Deux producteurs suisses témoignent : Un système sans quota, loin d’être séduisant
 

L’Apli avec le soutien de la Coordination Rurale et de  l’OPL poursuit son action sur le terrain. Après le système canadien, les responsables ont décidé de présenter le système helvétique. Si on se réfère aux deux producteurs suisses, Alexandre Delisle et Patrick Demont, membres d’une association (Uniterre) structure adhérente à l’EMB (Européan Milk Board),  depuis l’abandon des quotas,  avec aujourd’hui la contractualisation, la mise en place d’organisations de producteurs et d’une interprofession c’est la descente aux enfers.
« Les producteurs ont vu le prix payé s’effondrer de près de 30 % en 16  mois, les stocks de beurre gonflent », souligne l’un des éleveurs. « Un véritable chaos pour une majorité de producteurs au bord de l’asphyxie ». La récente décision de l’interprofession nationale de dégagement de 10 % du lait livré entre  mai et juillet accrédite ces dires.  Celle-ci pourrait encore conduire à de nouvelles baisses de prix pour les producteurs invités à participer au dégagement, sans garantie d’assainir la situation.


Un poids insignifiant


Vu par les deux producteurs suisses, les raisons de l’échec sont à la fois dans le nouveau système de contractualisation  et dans la faiblesse de l’organisation. La contractualisation s’opère avec trois niveaux de prix : l’un dit contractuel, un second lié à une bourse du lait, un troisième dit de dégagement. Mais les nombreuses OP (Organisations de Producteurs), et les OPU (organisation de producteurs utilisateurs), ces dernières directement sous la coupe de l’industrie, ne maîtrisent pas du tout la production. « Leur poids face aux industriels et aux distributeurs est insignifiant ». De ce fait la production continue d’augmenter. Un désastre pour les marchés et par ricochet pour le prix payé aux producteurs.
Cet exemple apporte de l’eau au moulin de l’Apli. Elle dénonce et dit vouloir se battre bat bec et ongles pour  faire échec au projet de contractualisation que la LMA (loi de modernisation agricole) s’apprête pourtant à cadrer. En outre depuis plusieurs mois le syndicalisme majoritaire (FNPL) et les coopératives plaident pour des organisations de producteurs regroupées ensuite en associations par bassin et au dessus une interprofession. Ce témoignage des producteurs suisses sème de fait le trouble dans l’esprit des producteurs bretons présents.
Les 2 Suisses ne se privent pas d’enfoncer le clou, visiblement échaudés par leur amère expérience, et conseillent à leurs collègues français : « Repousser le plus loin possible  les discussions sur les contrats et les organisations de producteurs. D’abord le prix et ensuite les volumes ». Plaidant aussi pour une résistance et une organisation européenne.

Pierre Dénès




Légende photo : Près de 300 producteurs lundi soir à Mûr-de-Bretagne.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Mai 2010
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