L’agriculture française est en perte de compétitivité au sein de l’Union européenne, à croire les chiffres publiés par Eurostat. Après avoir dénoncé les distorsions de concurrence, toujours actuelles, entre l’Europe et les Pays tiers, c’est désormais au sein même de l’Union que notre agriculture cherche les raisons de ses difficultés. Le différentiel n’est plus monétaire depuis la mise en place de l’euro. Les montants compensatoires monétaires (MCM) font désormais partie de l’histoire. Mais sans politique commune économique, sociale, environnementale, et avec une tendance à la renationalisation de la seule politique intégrée que constitue l’agriculture, les écarts se creusent entre pays. La France aujourd’hui tente de comprendre ce qui la sépare de l’Allemagne. La FNSEA publie un intéressant récapitulatif des distorsions de concurrence intra-communautaires, mettant en avant notamment, la réglementation française. Tandis qu’un groupe d’étude des députés pour l’agro-alimentaire fait le constat que tous les maux ne viennent pas de l’extérieur. Il y a aussi un « mal français » pour reprendre le titre de l’ouvrage d’Alain Peyrefitte écrit en ... 1976. Pour Philippe Mangin, président de Coop de France, c’est le virage raté du progrès qui a amené à cette situation : « les conseillers ne travaillent pas assez sur la compétitivité », trop centrés sur les objectifs environnementaux. Mais cette dégradation de la compétitivité « inquiète » aussi la grande distribution. Manœuvre de diversion ? Ce débat est le « véritable enjeu » explique Jérôme Bédier, président de la Fédération de la distribution, à côté des « débats secondaires » qui ont pour cible la grande distribution. Entendez les prix. Mais, tout secondaires qu’ils soient, ont quand même été l’objet , d’une « convocation » pour les fruits et légumes, à l’Élysée.