
Dans une parcelle de l’espace forestier du Bois-Meur acquis il y a quelques années par le Conseil général des Côtes d’Armor, Pascal Rimasson, Jean-Claude Fornasier et Chrisophe Guézou, agents de l’Office national des forêts de l’unité territoriale des Côtes d’Armor et Finistère-Nord conduisaient il y a quelques jours, une opération de martelage. « Il s’agit tout simplement de repérer et de marquer des arbres en vue de réaliser une éclaircie ».
Les agents parcourent le massif à éclaicir avec un compas enregistreur et un marteau. D’un côté une hachette pour entailler l’écorce et de l’autre la marque (Administration Française) pour officialiser le martelage. Ils repèrent les arbres destinés à être récoltés. « L’objectif est de préserver les arbres les mieux formés, et pourront potentiellement être les mieux valorisés ». Ils évaluent la hauteur, mesurent le diamètre. Ces informations sont rentrées par essences directement dans un boîtier électronique permettant de les transmettre à la base de données. Les arbres ainsi repérés sont regroupés dans un catalogue de mise en vente, avec différentes catégories. Ils sont destinés, pour les meilleurs, à du bois d’œuvre, pour d’autres à de la transformation (cageots, palettes, paillage) ou encore pour ceux qui s’y prêtent pour du bois de chauffage.
Gestion économique et écologique
Une opération classique et régulière pour les agents qui assurent ainsi la gestion de 10 000 ha de bois et forêts sur cette unité territoriale. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les propriétaires, en l’occurrence ici le Conseil général des Côtes d’Armor, au travers d’un plan de gestion de l’espace forestier », explique Pascal Rimasson, responsable de l’Unité territoriale. L’ONF propose un plan d’exploitation, mais en dernier ressort c’est le propriétaire qui décide.
Ces éclaircies ne se font évidemment pas au hasard. Il s’agit dans un premier temps de permettre à l’espace de se construire, puis de le faire évoluer pour une exploitation raisonnée. L’ONF, tout en ne perdant pas du vue la valorisation économique, met aussi toute son expérience pour préserver les équilibres de la biodiversité. « Par exemple, la trouée qui laisse entrer la lumière est favorable au développement de certaines plantes qui vont servir de nourriture à des animaux sauvages. Ou encore des arbres morts “garde-manger” pour des insectes ». C’est en fait une gestion à la fois économique et écologique.
Au final, ce travail de gestion de l’espace forestier n’en demeure pas moins un travail de spécialiste. « Comme des agriculteurs, en sachant qu’à la différence d’une culture de céréales qui va se gérer sur un temps relativement court, nous travaillons sur la durée ». Avec parfois des aléas qui, comme en agriculture, peuvent interférer (la tempête, un incendie, des ravageurs …). « Il nous faut donc avoir une certaine humilité », conclut Pascal Rimasson.
Pierre Dénès
>>>> Repères
www.terralies.com et www.onf.fr
La Filière bois aux Terralies
Lors du prochain salon de l’agriculture des Côtes d’Armor les Terralies, les 28 , un important espace sera consacré à la filière bois avec le concours de l’Office National des Forêts (ONF) et en présence de différents partenaires, acteurs de la filière. Le visiteur sera invité à découvrir les différentes essences de bois, de plantes, de fruits, les animaux, ainsi que la vie sous terre. Ce pôle mettra aussi en évidence le travail et les métiers du bois. Sur place une scierie mobile, un débardeur à cheval, une scierie mobile, un tourneur sur bois … Quelques activités plus ludiques comme le concours de bûcheronnage ou les démonstrations de trial VTT contribueront à animer cet espace.
Légende photo : Le martelage consiste à repérer et à marquer des arbres en vue de réaliser une éclaircie. Un acte essentiel de la gestion des espaces.