« La préférence communautaire, ce n’est pas un gros mot » lançait Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture. Une déclaration bien loin des intentions de la Commission européenne sous la présidence espagnole qui vient de relancer, six ans après, un projet d’accord de libre-échange avec les pays d’Amérique du Sud, réunis au sein du Mercosur ( Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela en cours d’adhésion). Le Commissaire à l’Agriculture Dacian Ciolos et celui du marché intérieur, Michel Barnier, ont exprimé leurs réserves. Le Portugais José Manuel Barroso, président de la Commission se veut rassurant : des mesures spécifiques seront envisagées pour l’agriculture. Car, en effet, il y a de quoi s’en inquiéter. Et pour les productions animales en particulier. Les organisations agricoles européennes y voient le risque pour les millions d’emplois du secteur du secteur agroalimentaire européen. Les productions bovines, porcines et de volailles seraient fortement chahutées par les 3 à 5 milliards d’euros d’importation supplémentaires chaque année. Des marchandises produites dans des conditions environnementales, sociales et économiques « avantageuses », si l’on peut dire ainsi. Bien loin des standards du développement durable à la Française. Pour quel bénéfice ? En contrepartie, le Mercosur est prêt à ouvrir d’autres marchés aux Européens : services, industries, infrastructures... mais peu de bénéfices pour l’agroalimentaire. Le déficit commercial agricole ne ferait que s’aggraver. Si l’on voulait affaiblir le secteur, on ne s’y prendrait pas autrement. L’agriculture européenne devra déjà négocier le virage serré de l’après 2013. Pour les productions animales, cela revient à « savonner la planche ». Le secteur de la viande bovine serait particulièrement affecté. La FNB parle de « coup de poignard dans le dos».