
Une mère Duroc pour la qualité de viande, un père Piétrain NN, dépourvu de l'allèle de sensibilité à l'halothane, pour les performances d'engraissement. Le verrat label ADN 48, récemment mis sur le marché (15 représentants en centre d'insémination), a été conçu pour répondre aux besoins des éleveurs de porcs label. Bernard Tanguy, producteur adhérent aux Fermiers d'Argoat, a effectué des essais sur cinq bandes de charcutiers. 300 porcs, issus de pères label ADN 48, élevés dans les mêmes conditions que 300 autres, issus d'une combinaison génétique proche, ayant le même objectif de production. « Les animaux, des différentes origines, étaient mélangés dans les cases, avec la même alimentation. Le rang de portées des truies mères a été pris en compte pour ne pas fausser les résultats de performances », assure l'éleveur. Résultat : 1,4 point de TMP en faveur de la nouvelle génétique. 58,6 de TMP contre 57,2 pour le lot témoin. Le G2 est plus faible de près de deux points. Le M2 est plus élevé de plus d'un point. Suffisant pour convaincre Bernard Tanguy. « Le classement est meilleur. La plus-value importante ». Les issus du label ADN 48 ont été abattus à une moyenne d'âge de 187 jours à 118,5 kilos contre 185 jours à 120 kilos pour le lot témoin. « Les croissances semblent un peu plus faibles mais ce n'est pas un critère essentiel en label. L'âge minimal de 182 jours à l'abattage doit être respecté ». La pesée intermédiaire à 17 semaines était largement en faveur du lot témoin (65 kilos contre 60 kilos). Les issus de la nouvelle génétique ont comblé leur retard en fin de croissance. Le pourcentage d'animaux dans la gamme et dans le cœur de gamme témoigne d'une meilleure homogénéité des charcutiers issus du verrat label ADN 48. Aucune différence sur le Ph des viandes n'a été observé, entre les deux génétiques. Au final, grâce à la plus-value, dont celle liée au label (gamme et G2), le kilo de carcasse est vendu 6 centimes de plus pour le lot issu du nouveau croisement.
Résultats à confirmer
Le Gaec Thomas, à Glénac, n'a pas attendu le résultat des essais. Il utilise le verrat label ADN 48 en insémination depuis juillet 2009. Les premières bandes ont été commercialisées en janvier 2010, sous label Fermiers d'Argoat. « La conduite n'a pas évolué. Les porcs sont moins gras depuis le changement de génétique ». Un peu moins de G2. La plus-value totale est sensiblement la même; 39 centimes au lieu de 38 centimes sur les lots abattus en 2009. Comme chez Bernard Tanguy, les engraissements sont sur paille. « Les truies sont aux normes bien être, sur paille, en réfectoires auto-bloquants. Au total, nous utilisons 400 tonnes de paille sur l'élevage ». Les maternités sont sur bac à lisier. En engraissement les animaux sont répartis, dans les cases, selon le poids et le sexe. L'alimentation, en soupe, est rationnée à 2,35 kilos, pour éviter le dépôt de gras en fin de croissance. « L'alimentation et la prise de poids ont été bien maîtrisées sur les dernières bandes. Il s'agissait, il est vrai, de bandes engraissées en hiver. Nos impressions, sur les charcutiers issus de la nouvelle génétique, devront être confirmées sur les prochains lots ». La remarque vaut pour les résultats d'essais réalisés chez Bernard Tanguy.
Bernard Laurent
Photo : Serge Thomas, du Gaec Thomas à Glénac (56), a la charge de l'élevage de 115 truies et la suite, en porc label “Fermiers d’Argoat”.