Oui, s’il fallait caractériser la teneur de l’entretien que le président de la République a accordé à la presse agricole, l’adjectif volontariste qualifierait assez bien les propos de Nicolas Sarkozy. Certes, la dimension politique apparaît entre les lignes. Comme le changement de discours sur les contraintes environnementales qui s’appliquent à l’agriculture. Une évolution qu’il reconnaît avec l’annonce de la suspension de la taxe carbone au Salon de l’agriculture ou « l’environnement, çà commence à bien faire ». Puis, aujourd’hui avec l’autorisation des poids lourds de 44 tonnes. Et sur certains points, il se dit prêt à affronter ses collègues de l’Union européenne. En ce qui concerne la régulation des marchés : « je m’opposerai formellement au nom de la France au démantèlement... ». Ou encore sur l’absence de la politique agricole dans le premier projet de la stratégie de l’Union : « si cela ne changeait pas, la France quitterait la table des négociations... cela a changé ». Interventionniste aussi, allant à contre-courant de la dérive libérale économique de l’Union : « il faut clairement changer les règles de concurrence », proposant une Organisation mondiale de l’agriculture pour régler « un problème de gouvernance mondiale de la production agricole ». Pour aider les agriculteurs face à la distribution : « la présence de l’État est clairement aux cotés des agriculteurs » assurant l’agriculture de son soutien comme l’aéronautique, l’automobile, le nucléaire... Mais la France a-t-elle encore le pouvoir suffisant pour faire adopter des positions partagées par la majorité des agriculteurs français mais pas toujours « philosophiquement » en phase avec des États membres moins interventionnistes ?