
Pourquoi se priver de certaines aides lorsqu'elles existent et que l'on répond parfaitement aux critères requis pour y être éligible ? C'est la problématique qui s'est posé l'année dernière à Serge Troadec et son épouse Maryvonne, naisseurs - engraisseurs de Limousines à Rosnoën, avec une ferme auberge et des chambres d'hôtes ainsi qu'un atelier vente directe. Situé près de Crozon en zone littorale, l'élevage était déjà concerné par des normes environnementales. Le maïs y était déjà relativement peu présent (9 ha sur 67), et l'herbe largement prédominante (52 ha), contrairement aux cultures, délaissées car l'exploitation possède peu de matériel en propre. La dernière partie de l'assolement (4,5 ha) concerne un mélange triticale – pois – vesce, utilisé ensilé afin d'augmenter l'autonomie alimentaire grâce à la moindre utilisation du colza. "Je me suis rendu compte que, globalement, je travaillais de façon très proche de ce qu'impose la MAE SFEI (herbe > 55 % de la SAU et 75 % de la SFP, maïs < 18 % SFP), explique Serge Troadec. Il n'y avait pas à hésiter : nous l'avons contractée l'année dernière." À la clé, un montant non négligeable (6 800 euros / an), avec une durée d'engagement de 5 ans.
Les prairies revues
Le seul changement a en fait concerné l'implantation des prairies, du fait des limitations du cahier des charges en fertilisation (azote organique 140 U max ; azote minéral 30 U max). Seuls 10 ha de prairies (RGH sans trèfle) ont été conservés. Le reste a été ressemé intégralement l'année dernière : pour 11 ha, sur des terres humides, il s'agit de fétuque des prés – trèfle blanc; pour 4 ha, sur des parcelles éloignées, il s'agit de fétuque élevée – trèfle blanc; pour le reste il s'agit de RGA – trèfle blanc. Si la fétuque a mis du temps à prendre sa place, car c'est sa nature, son implantation est aujourd'hui satisfaisante. Avantages de la culture : sa durée d'exploitation longue et le fait que le foin sèche plus vite qu'un foin de RGA – trèfle. Par ailleurs, il sera encore possible, après les coupes de foin, de faire pâturer la fétuque élevée en fin de saison. "En terme de fertilisation, les parcelles ressemées ont reçu 30 U d'azote au démarrage, puis rien. Les parcelles de RGH ont été fertilisées au lisier de bovin et de porc." Certes il est trop tôt pour connaître les rendements en herbe de l'année, mais l'éleveur ne se montre pas inquiet.
Objectif viande
Actuellement, le troupeau de 45 mères Limousines reste dehors jour et nuit, avec du foin en complément. En hiver, ces dernières sont nourries au maïs (2/3) et mélange triticale – pois – vesce (1/3), avec colza et minéral. Les génisses sont nourries au maïs, enrubanné et minéral. À terme et toujours dans une optique de recherche d'autonomie, l'éleveur pense faire davantage d'enrubanné et diminuer les quantités de correcteur azoté. De leur côté, les JB reçoivent du maïs, des céréales, le correcteur azoté et du minéral. En terme de croissance, côté mâles il n'est pas rare d'atteindre 1,4 – 1,5 kg / jour, les JB étant mis en vente autour de 15 – 16 mois et 430 kg. Côté femelles, le GMQ avoisine 1,2 kg /j. Le but de l'éleveur est de faire vêler toutes les femelles au moins une fois sur l'exploitation. La majorité des accouplements est réalisée par IA, avec échographie systématique, d'où un taux de réussite en 1ère IA de 80,6 %. Le premier critère recherché chez les taureaux d'IA est l'apport de qualités de viande. Créé en 2006, l'ensemble du troupeau est inscrit au herd-book Limousin.
Anne-Laure Lussou
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www.fermeaubergeduseillou.com
Encore quelques jours pour les dossiers Pac
Il reste jusqu'au 17 mai pour remplir les dossiers Pac et donc contractualiser la MAE. "2010 est une année de changement pour la Pac, d'où l'importance de prendre contact avec son comptable pour ne rien laisser de côté", insiste Raymond Barré, de la Chambre d'agriculture du Finistère, citant notamment le cas des DPU réserve (pour les personnes ayant obtenu et validé des droits à primes en 2009 supérieurs aux références historiques 2005-2008 de l’exploitation) et des suppléments de DPU 2010.
Légende photo : Serge Troadec a contracté la MAE SFEI l’année dernière.