
La baisse régulière du cheptel ovin depuis 1980 est accompagnée par une baisse de la consommation de viande d'agneau. En 2009, la production nationale a chuté de 8,4 % et la consommation de 5 %. Malgré cette baisse, les prix sont restés au même niveau à Pâques 2010 (point culminant annuel de la cotation d'agneau en France), qu'en 2009. La filière a plusieurs défis à relever.
L'identification électronique
L'année 2009 a été l'année des réformes qu'il va falloir mettre en forme. La filière ovine a été la première bénéficiaire des aides liées au bilan de santé de la Pac. Dès 2010, une nouvelle aide ovine de 125 millions d'euros par an sera versée aux éleveurs avec deux contreparties. L'identification électronique de tous les ovins nés après le 1er juillet 2010 et de l'ensemble du cheptel d'ici fin 2013 sera mise en place, dans le cadre d'une obligation européenne. L'Etat compensera le surcoût par une aide de 80 cts par repère pendant 3 ans, voire d'1 euro par repère pour les éleveurs qui souhaitent reboucler l'ensemble de leur troupeau dès septembre 2010.
C'est la clé de voûte pour moderniser le dispositif de gestion du troupeau, de segmentation et de traçabilité. Cette obligation peut être un atout pour mieux suivre les animaux et faciliter les contrôles. Car l'autre contrepartie, c'est justement les contrôles avec les obligations de tenue de registre d'identification, d'adhésion à un groupement ou de contractualisation avec un opérateur commercial. La prime à la brebis pourrait être majorée pour ceux qui s'engagent dans cette voie de contractualisation.
Productivité et prix
Malgré leur utilité, les aides n'apportent pas de kg d'agneau supplémentaires. Or, c'est bien la productivité et le prix qui permettront de relancer la production et de faire face à une éventuelle diminution des aides au-delà de 2013. La filière va devoir améliorer l'efficacité économique des élevages. L'alimentation représente le quart des charges. L'intensification des pâtures, le développement des concentrés fermiers sont des pistes à travailler. Autre point déterminant, l'accroissement de la productivité des brebis, principalement via la génétique.
Patrick Bégos
La moitié des organisations de producteurs devront se restructurer
Un décret de reconnaissance portant à 40 000 ovins le seuil de reconnaissance des organisations de producteurs doit être publié dans les jours qui viennent. Pascal Viné, directeur de cabinet du Ministre de l'Agriculture l'a annoncé lors de l'assemblée générale de la FNO. Cette disposition vise à renforcer l'organisation économique en regroupant l'offre. "Elle va correspondre à une restructuration de 50 % des organisations de producteurs d'ovins", a estimé Serge Préverauld, président de la FNO.
Légende photo : La productivité, axe majeur pour améliorer l'efficacité économique.