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Rationnement du troupeau / Le Contrôle laitier propose un menu à la carte
 

À Lanhouarneau (29), l’EARL de Pors Nevez cherche à faire exprimer le potentiel de ses vaches. Cet objectif du moment est à relier à une réorganisation du troupeau encore récente et au changement de conduite lié à la construction d’une nouvelle stabulation mise en service début 2009. En clair, il s’agit de faire le quota avec le troupeau existant et donc de pousser la soixantaine de vaches présentes.


Favoriser la consommation


« D’un libre-service où la place par vache était limitée, nous sommes passés à l’alimentation au cornadis », expliquent les éleveurs, Anne-Sophie et Alain Roué. « Aujourd’hui, les vaches sont vraiment nourries à volonté. Avant, c’était parfois limite malgré les auges rajoutées ».
Pour ce troupeau qui tourne autour de 9 500 kg, plus question de limiter la ration de base. Ni en quantité, ni en qualité. « Les vaches qui lèchent une auge vide le matin ne sont pas nourries à volonté », rappelle d’ailleurs Jean-Félix Torchen, technicien du Contrôle laitier, précisant que cette évidence n’en est pas une pour tout le monde.
Alain Roué indique, pour sa part, que la ration hivernale est équilibrée à 25-26 kg. « Le maïs est distribué au godet désileur. Le correcteur est épandu dessus. 2,5 kg de betteraves et un round de foin complètent la ration ».
Sur cet élevage, pas de paille « qui déconcentre la ration », note J.-F. Torchen estimant que « trop souvent ce choix conduit à augmenter les concentrés d’où un risque d’acidose sans doute encore plus présent ». À noter que sur cet élevage, deux distributions de maïs par jour et une de betteraves contribuent à booster l’ingestion. « La valorisation de la ration est meilleure que lorsque la vache se goinfre une fois par jour ».
Ces propos s’illustrent sur le tableau de bord du nouveau rationneur mis en place par BCLO. La ration distribuée par Alain Roué est dans le vert au regard du risque acidose. Les approches mécanique de la ration (indice de fibrosité, pourcentage de concentrés, etc.) et chimique (cellulose brute, amidon, NDF, etc.) fournies par le nouveau rationneur  apportent une réponse à cette éventuelle préoccupation.


À chaque profil, son calcul


Mais, pour le Contrôle laitier, là n’est pas la préoccupation première du rationnement. La base reste la valorisation de la ration de base, sans l’artifice qui consisterait à compenser un éventuel déficit fourrager par des concentrés. « À ration équilibrée, il n’y a aucune raison de limiter la consommation fourragère comme on l’entend parfois », argumente André Coat, responsable alimentation à BCLO. « Pour autant, notre rationneur, qui s’appuie sur les nouvelles tables Inra et les analyses locales en laboratoire, calcule et propose des solutions techniques d’alimentation adaptées à tout profil : éleveur économe en concentré ; éleveur en quête de production élevée par vache ; éleveur maxi pâturage ou maxi maïs, etc. C’est le point de départ de la simulation ».
Le logiciel prend en compte l’aspect économique de la ration. Pour ce faire, il tient compte de la consommation réelle et de la production de lait vendu. « Sur ration hivernale, la consommation moyenne est de 17 kg de MS/VL (fourrages + concentrés). Ce ne sont pas les 22-23 kg que l’on entend parfois et qui concernent les vaches à 3 mois de lactation qui sont en pleine capacité, mais excluent les primipares, les vaches fraîchement vêlées, etc. », commente Jean-Félix Torchen.
Et Alain Roué de conclure : « Ici, le coût alimentaire moyen (génisses non comprises) est de 77 euros/1 000 litres dont 30 euros en fourrage et 47 euros en concentré ». Un coût qui se situe dans la moyenne Contrôle laitier. « Si nous n’avions pas été tenus d’augmenter la production par vache, nous aurions pu vraisemblablement gagner 1 kg de concentré de production par vache ».

Didier Le Du




Une approche très fine

Le nouveau rationneur offre une succession de graphiques et de tableaux de bord très didactiques. Reste à l’éleveur de cibler ceux qu’il juge prioritaires.
Quelques-unes des approches proposées :
- Alimentation azotée (PDIN, PDIE, PDIE (g)/UFL, PDIA)
- Approche chimique de la rumination (CB, NDF, amidon, pH amidon).
- Approche mécanique de la rumination (% de concentré, indice de fibrosité).
- Efficacité alimentaire (kg de lait/KG de MS, avec courbe objectif selon stade de production. Il peut être de 1,5 kg à 3 mois de lactation mais guère plus de 1 kg à 7 mois)
- Approche minérale et vitaminique (Ca, P, oligoéléments, vitamines, bilan anions-cations, etc.).
- Plan de complémentation individualisé selon le stade de lactation (permet de ne pas tenir compte d’une chute éventuelle de production le jour du contrôle).
- Coût alimentaire prévisionnel.   




 


Légende photo : Alain Roué (à gauche) et Jean-Félix Torchen, technicien du Contrôle laitier, ont appliqué le nouveau rationneur sur l’élevage.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 13 Mai 2010
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