
Mardi, dans le cadre des actions organisées en France en soutien aux éleveurs convoqués devant les tribunaux de plusieurs départements, le collectif FCO 29 a orchestré une manifestation « festive, citoyenne et pacifique » devant la préfecture.
« Cette action est d'abord un soutien aux "convoqués" alsaciens, berrichons, vendéens, gersois », a expliqué Thierry Machard, responsable du collectif finistérien, avant de rencontrer le préfet, Pascal Mailhos.
Des élevages sentinelles
Le responsable du mouvement explique que « les derniers avis scientifiques tendent à montrer que, depuis le début, les éleveurs contre la vaccination sont dans le vrai ». Et de citer Philippe Vannier, de l’Afssa, qui « a indiqué que l’immunité naturelle est plus élevée que l’immunité vaccinale ».
« De même, la traduction d’un document de travail d’un fabricant sud-africain de vaccins montre que la vaccination n’a d’intérêt que sur les animaux à très fort potentiel. Et ils savent de quoi ils parlent puisqu’ils vivent avec la maladie depuis 100 ans et disposent de vaccins homologués depuis bientôt 50 ans ».
« Les demandes de certaines DSV (Orne, Centre de la France) concernant des analyses sur troupeaux non vaccinés cherchent aussi à en savoir plus sur ce sujet », poursuit T. Machard qui propose que certains troupeaux finistériens non vaccinés deviennent des sentinelles FCO. « Tout cela dans le but de valider notre expérience ».
« Nous avons expliqué au préfet que les éleveurs ne doivent plus être considérés comme support à des politiques de subventionnement indirect de l'industrie du médicament et que la non-vaccination contre la FCO est un choix d'éleveurs responsables », disent encore les manifestants.
Fin de campagne le 30 juin
Dans le Finistère, 135 élevages avaient été repérés dans un premier temps par les services vétérinaires comme n’ayant pas vacciné lors de la première campagne. Dans les faits, ils seraient bien plus nombreux à ne pas avoir vacciné puisque sur les 5 140 élevages qui devaient se soumettre à l’obligation, entre 15 et 20 % seraient passés volontairement ou involontairement à travers le filtre de l’obligation vaccinale. Soit entre 750 et 1 000 élevages sur le département. Pour l’heure, il est trop tôt pour faire le bilan de la campagne 2010 qui a été prolongée de 2 mois et s’achèvera le 30 juin prochain.
À noter qu’à ce jour, une procédure est en cours à l’encontre de 236 éleveurs qui n’ont pas vacciné leurs animaux lors de la première campagne. Chez leurs voisins morbihannais, 94 des 150 dossiers en demeure ont été déposés chez le procureur.
Rappelons que le Code rural prévoit une amende maximum de 750 euros par infraction. Que faut-il comprendre par infraction ? Chaque bovin non vacciné ou chaque élevage n’ayant pas vacciné ? En Ille-et-Vilaine, les éleveurs convoqués devant le délégué du procureur ont été condamnés à payer 10 euros par bovin non vacciné.
Didier Le Du
Légende photo : Les éleveurs revendiquent la liberté de ne pas vacciner.