
Selon les relevés réalisés dans le cadre des Bulletins de Santé du Végétal (BSV), les charançons des siliques ont été observés en Bretagne, avec de fréquents dépassements des seuils de nuisibilité. Il convient de vérifier que le stade sensible du colza est bien atteint.
Le charançon des siliques
Le logiciel proPlant, outil gratuit sur le site cetiom www.cetiom.fr, indique les périodes favorables à l’activité des insectes de printemps. Ceci permettra de réaliser les comptages en culture au bon moment pour savoir si le seuil de nuisibilité est dépassé et si une intervention est nécessaire.
La cuvette, installée dans la culture au-dessus de la végétation, est un bon élément pour connaître la présence ou non des insectes. Le BSV aide également à appréhender les risques (consultables sur les sites des Draaf ou via le site du Cetiom).
Une intervention est à déclencher si le seuil de nuisibilité est dépassé : 1 insecte pour 2 plantes. Le stade de sensibilité est atteint, du stade G2 où les siliques mesurent 2 à 4 cm de long, jusqu’à la formation des 10 premières siliques bosselés (stade G4).
Si ces conditions sont remplies, une intervention peut être utile avec un produit à base de pyréthrinoïde bénéficiant d’une AMM sur charançon des siliques, avec mention « abeille ». Il peut être quelques fois suffisant de traiter uniquement la bordure de la parcelle si les insectes y sont localisés. Si une intervention est vraiment nécessaire, intervenir en toute fin de journée, à la tombée du jour.
Une intervention non justifiée sur le charançon des siliques peut engendrer une réduction des auxiliaires, conduisant parfois à une augmentation potentielle de pucerons cendrés.
La cécidomyie, un insecte opportuniste
Les larves de charançons des siliques sont peu nuisibles par elles-mêmes. Ce sont les cécidomyies, en profitant du trou de ponte du charançon des siliques, qui occasionnent des dégâts importants. Les larves de cécidomyies provoquent l’éclatement des siliques touchées et sa perte.
Le puceron cendré
Pour le moment, les pucerons cendrés sont peu présents. Néanmoins, il est nécessaire d’avoir une surveillance régulière des parcelles, jusqu’à 3 semaines avant la récolte. Quelques fois, une application insecticide en bordure peut être suffisante pour les maîtriser, lorsque le seuil de nuisibilité est dépassé.
Le stade sensibilité va de mi-floraison au début de la maturation (stade G4). Le seuil de nuisibilité se situe autour de 2 colonies par m². Si ces conditions sont réunies, une application peut être envisagée. Aucune résistance du puceron cendré aux insecticides n’est connue à ce jour.
Véronique Quartier, Jean Raimbault
Cetiom
Photo : Le seuil de nuisibilité se situe autour de 2 charançons des siliques pour 2 plants.