Au sommet la pyramide porcine européenne, l’Allemagne qui voit depuis quelques années sa production porcine se développer et plus encore ses abattages. Les importations de porcelets sont estimées à 3 millions des Pays-Bas, et à 6 millions du Danemark et pour les porcs charcutiers à 4 millions. Pas étonnant que l’on retrouve de plus en plus les opérateurs allemands sur les marchés exports. Le marché allemand est de fait devenu le marché de référence Europe. Et ce n’est pas fini puisque selon Bert Van Meer son niveau d’autosuffisance pourrait passer de 110 % à 120 voire 140%.
Fortes restructurations
Au même moment, le Danemark est confronté à une restructuration importante. C’est le cas notamment de Danish Crown, le principal opérateur, qui exporte porcelets et porcs charcutiers en Allemagne. On assiste aussi à une concentration forte et à une spécialisation. 8400 élevages NE (moyenne 65 truies et 1400 charcutiers) en 1997, 2900 élevages NE (190 truies et 2600 charcutiers) en 2007. Les 3300 naisseurs (182 truies de moyenne) de 2007 ne sont plus que 660 (900 truies de moyenne). Quant aux engraisseurs, leur nombre est passé de 6200 (2200 charcutiers) en 1997 à 3300 ( 4400 charcutiers) en 2007. Au final le Danemark a maintenu son cheptel truies, mais avec moins d’abattage et une forte progression des exportations. Le nombre d’élevage a été quasiment divisé par 3.
Aux Pays-Bas, la restructuration se poursuit en amont comme en aval. Les agrandissements ne peuvent cependant se réaliser qu’avec des rachats de droits. Bert Van Meer explique que les banques veulent bien prêter si le dossier est jugé cohérent sur le plan économique, mais aussi prend en compte les aspects bien-être, environnement… Il souligne aussi le poids sociétal qui pèse sur la taille des élevages.
Pas de reconnaissance économique
Quant à la France, la position bretonne en fait une production excentrée. Et même si elle n’a rien à envier à ses concurrents sur le plan de performances, la filière et notamment la production, peinent à se restructurer alors que son parc bâtiments est considéré comme vieillissant. Bert Van Meer constate en outre un faible soutien politique et le peu de reconnaissance économique.
Globalement les perspectives pour la production ne seraient pas mauvaises car la demande mondiale sera forte dans les années à venir. Mais il met aussi en exergue les menaces. Elles sont sociétales et concernent à la fois l’environnement, le bien-être, la sécurité sanitaire. Des consommateurs exigeants et pourtant pas toujours prêt à mettre le prix pour obtenir les garanties qu’ils réclament. Une société qui veut aussi avoir son mot à dire sur le développement de la production. L’avenir de la production porcine ne risque donc pas d’être un long fleuve tranquille.
Pierre Dénès