La contractualisation de la production agricole fait beaucoup parler d’elle, tantôt salvatrice, tantôt diabolisée. Une relation équitable producteur - transformateur serait-elle une utopie ? Pourtant 80% des éleveurs d’ovins auraient opté pour la formule, il est vrai assortie d’une majoration de l’aide à la brebis. Un accord interprofessionnel validé par les pouvoirs publics définit les modalités d’un contrat de commercialisation entre éleveurs et opérateurs commerciaux. Et pour les abatteurs c’est une garantie d’approvisionnement. Comme la filière ovine, la filière viande bovine française n’est pas autosuffisante mais souhaite garder la production en France. La fédération nationale bovine (FNB) a, elle aussi, présenté son projet de contractualisation pour l’engraissement. Il va loin, jusque la sécurisation de la marge par la mise en place d’une caisse spécifique (lire PB du 16 avril). L’Etat en serait partie prenante sous forme d’abondement. Et puis il y a le même mot qui fâche et divise les producteurs laitiers : la contractualisation. Elle est avancée par les industriels et les producteurs de la FNPL. Elle est rejetée par les syndicats minoritaires et l’Apli. Cette réflexion s’inscrit dans la perspective d’une « libération » prochaine des quotas laitiers et donc de la nécessité de régulariser l’approvisionnement de l’industrie et le débouché pour la production. Le contrat définirait un engagement de volume et de prix entre le producteur et ... c’est là que les analyses divergent : la coopérative ou l’industriel ? Une organisation de producteurs par transformateur, par bassin de production ? Un office européen du lait ? Quel que soit le schéma, la concurrence internationale sera encore plus rude demain, il y a donc urgence à sécuriser les débouchés au plus près de la production.