
En sillonnant la route qui va de Tréflévénez à Locmélar (les Sudistes, prenez votre carte !), Hugo Brault repère de loin ces petits modèles sans chargeur qui s’agitent dans les champs, les jardins. C’est que, quand le beau temps est venu, les charrues ne sont pas fort dépourvues.
« De ces tracteurs des années 60-70, on en compte des centaines par département », indique ce responsable commercial chez Emily. Emily qui revient à ses premières conquêtes : les chargeurs qui ont fait la notoriété de l’entreprise depuis 40 ans. Mais cette fois, le constructeur finistérien s’attaque aux tracteurs de petite à moyenne puissance « C’est-à-dire de 30 à 70 CV », précise-t-il.
L’idée de proposer des chargeurs neufs pour des tracteurs anciens est née d’un voyage en Inde de Michel Emily, le patron de l’entreprise. « Il avait remarqué qu’un grand nombre de vieux tracteurs était en circulation et qu’aucun d’entre eux n’était équipé de chargeur ou de solution de manutention ». Et comme chacun sait qu’il faut aller loin pour voir à ses pieds… « Cette remarque s’est également vérifiée en France ». Aujourd’hui, pour Michel Emily, lancer des chargeurs neufs pour le prix de l’occasion est une manière pour lui « de boucler la boucle ».
Double effet
Ce produit vendu directement aux particuliers s’adresse à tout public. « Nous avons entre autres des agriculteurs qui à l’approche de la retraite souhaitent équiper leur petit tracteur d’un chargeur », cite H. Brault qui mentionne aussi les pluriactifs, les agriculteurs qui ont besoin d’un petit tracteur pour la manutention dans la cour de ferme, etc.
Le chargeur double effet peut monter une charge de 1,1 tonne à 2,95 m. « On peut aller jusqu’à 1,4 tonne pour une manipulation au sol ». Fixé avec des axes, le chargeur est conçu pour rester attelé au tracteur, même s’il est toujours possible de le déposer.
À Locmélar, Sébastien Le Strat, éleveur de chevaux, a équipé son Renault 461 de 1974. « J’ai pris le chargeur avec godet de 1,50 m et la fourche de 1,10 m », montre-t-il. Un investissement de quelque 3 000 euros qu’il apprécie au quotidien. « Avant, j’étais constamment appelé à déranger mon voisin. À défaut, je faisais le travail à la main avec la pénibilité qui va avec. Aujourd’hui, j’entasse les rounds de fourrage et de paille, je charge le fumier, etc. C’est vraiment pratique et que de temps gagné ».
Didier Le Du
Photo : Sébastien Le Strat a donné une nouvelle jeunesse à son Renault. «Je gagne en temps et en pénibilité », dit-il.