
Soleil et vent. Les conditions idéales étaient réunies pour la démonstration de binage qui a eu lieu sur une des parcelles de Bernard Morel, agriculteur bio à Drouges, le vendredi 16 avril. Après quelques réglages, la bineuse* appartenant à un agriculteur bio voisin a réalisé un désherbage satisfaisant des céréales : de l'avoine nue destinée à l'alimentation humaine. La bineuse a été conduite sur un tracteur en poste inversé, "ce qui favorise la visibilité".
Action agronomique aussi
Pour être optimisé, le binage peut démarrer dès que le sol est ressuyé. Outre son action contre les adventices, le binage s'attaque à la croûte de battance et accélère la minéralisation dans le sol. Bernard Morel, qui utilise régulièrement la herse étrille de sa Cuma, s'est montré convaincu par cette première utilisation de la bineuse. Il précise qu'un passage de herse étrille juste après peut être intéressant "pour affiner le cassage des mottes et parfaire le déchaussage des adventices".
Itinéraire technique
Sans labour préalable (première année), l'avoine nue a été semée le 19 novembre dernier, à 100 kg/ha. Une date assez tardive qui peut poser des problèmes par rapport au gel (surtout sur l'avoine, plante fragile) et pour la fertilisation. "Ce n'est pas toujours facile d'entrer sur les parcelles avec la tonne à lisier avant la montaison, sans altérer le sol". Le producteur va sans doute avancer les semis l'an prochain.
"L'avoine était déchaussée par le gel cet hiver. Un passage de rouleau a été réalisé en février. Un premier passage de herse étrille a suivi début mars, un second le 1er avril. Je passe sur 4 ha en une heure", précise Bernard Morel. Le lisier de bovins a été apporté en deuxième semaine d'avril, à l'aide d'un pendillard (Cuma). Après ce passage de bineuse en avril, le producteur prévoit un éventuel autre binage au stade montaison. A voir selon la propreté de la parcelle.
Agnès Cussonneau
* Bineuse Agronomic fabriquée par Gregoire Agri, Saffré (44).
Photo : Le jour de la démonstration, le binage a été réalisé avec un tracteur en poste inversé pour une meilleure visibilité.
L'exploitation en bref
- Installation de Bernard Morel en 1984, passage en bio en 1997.
- Lait : quota de 220 000 L.
- SAU de 41 ha : 2,5 ha de blé, 3,30 ha de mélange céréalier (avoine, triticale, pois, féverole), 3,5 ha d'avoine nue, 2 ha de luzerne (déshydratée), le reste en prairies (trèfle blanc, RGA, fétuque)
- Rotations : 5 ans de prairies, un maïs, puis deux, voire trois céréales.
Le binage, à prendre en compte dès le semis
La herse étrille et la houe rotative interviennent à des stades précoces de culture, alors que la bineuse peut être passée beaucoup plus tard et permet de déchausser des adventices plus enracinées. Sur céréales, comme en maïs, il est nécessaire de semer dans l'optique du passage de bineuse, pour disposer d'un espace suffisant entre les rangs (interrang de 25 à 35 cm selon la bineuse et le tracteur). "AgroBio 35 expérimente le binage des céréales dans le cadre du Casdar désherbage mécanique et du programme régional Gab – Frab – Cirab. Un suivi est mis en place au Lycée des vergers de Dol-de-Bretagne et sur des parcelles de 4 agriculteurs", précise Gaëtan Johan, technicien productions végétales AgroBio 35.