Uniporc Ouest a enregistré sur 2009 un léger tassement de son activité : 20 463 276 porcs charcutiers et animaux de réforme abattus, soit un recul de 1,04 % par rapport à 2008, ce qui correspond à 215 000 animaux. À noter que la baisse est sensible en animaux de réforme puisqu’elle approche les 10 %.
Le rapport d’activité présenté par Paul Pommeret, directeur d’Uniporc Ouest, montre aussi que les abattages reculent de 1,14 % en Bretagne (- 163 000), de 0,92 % en Normandie
(-9 424), de 5,82 % en Pays-de-la-Loire (- 160 819). Ils augmentent de 7,25 % en région Centre (+ 29 067), de 6,07 % en Nord-Picardie (+ 33 268), et de 3,63 % en Poitou Charente (+55 916).
Parmi les autres chiffres, on retiendra une légère augmentation du poids moyen, 91,500 kg en 2009 au lieu de 91,200 kg 2008. La tendance se confirme en début 2010. Le pourcentage d’animaux dans la gamme (80-102 kg) progresse également passant de 82,3 % à 82,9 %. Là encore, l’évolution est confirmée sur les premiers mois de 2010. Le TMP se maintient à 60,2 et la comparaison TMP mâles et femelles voit s’accentuer la différence : 59,1 pour les mâles et 61,3 pour les femelles.
La plus value technique a légèrement progressé, de 11,5 à 11,7 centimes pour l’ensemble des gammes, de 13,9 à 14 centimes pour les porcs dans la gamme. Le niveau des saisies sanitaires reste quasiment stable depuis 4-5 ans (0,28-0,29).
Toujours les distorsions de concurrence
Des chiffres plutôt satisfaisant sur le plan technique. Ils illustrent les progrès des éleveurs. Mais une situation économique des producteurs qui restent tendue. Paul Auffray, le président d’Uniporc, a rappelé que les éleveurs, après deux années, 2007 et 2008 de crise, avaient juste pu atteindre l’équilibre en 2009. « Elle est d’ailleurs plus le résultat d’un scénario positif sur le plan du coût alimentaire que du prix du porc ». Il s’interroge “que représenterait une hausse de 20 centimes sur le prix de la côtelette et surtout sur la marge des distributeurs pour redonner de l’espoir en amont ? »
Il est aussi inquiet lorsqu’il constate que c’est seulement le gain de productivité des éleveurs qui permet de maintenir l’activité. « Jusqu’à quand le gains de prolificité et de sanitaire permettront-ils de maintenir le potentiel d’abattage ? ». D’autant qu’il voit d’autres bassins progresser fortement : Allemagne, Hollande. Fustigeant les contraintes administratives et réglementaires, ainsi que les distorsions de concurrence.
Une inquiétude partagée par Fortuné Le Calvé, président du CRP. « Nous sommes au niveau des Montants compensatoires monétaires », insiste Fortuné Le Calvé. Alors que le représentant des abatteurs, P. Le Mée estime que tant au niveau de la production que des abattoirs, la compétitivité est excellente, « mais ce sont les handicaps qu’il faut faire sauter ». Il poursuit : « Demain, moins de porcs en Bretagne signifiera moins d’abattoirs, mais on ne manquera pas de viande ». Constatant l’évolution inquiétante des importations, il est persuadé qu’à l’avenir, ce sont des produits transformés qui rentreront. Les responsables en appellent aux politiques.
Pierre Dénès