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Céréales / Apport d'azote sur blé - Grapiller des protéines, par un apport tardif
 

Le marché du blé est très concurrentiel. Même si la majeure partie des volumes bretons est destinée à l'alimentation animale, les organismes stockeurs ont la volonté de diversifier les débouchés pour faciliter la logistique, le stockage et surtout améliorer la valorisation des blés, car l'exportation permet d'obtenir des prix rémunérateurs. Pour espérer atteindre ces débouchés, les céréales doivent être irréprochables en propreté et en qualité. Elles doivent aussi avoir un taux de protéines supérieur à 10 %, ce qui n'est pas évident pour les céréales bretonnes.


Des leviers d'action


L'alimentation animale est également intéressée par le taux de protéines. En effet, plus la céréale sera riche, moins l'éleveur devra compléter ses formules par des matières premières azotées coûteuses. Les fabricants d'aliment à la ferme s'intéressent de plus en plus à la teneur en protéines. Rendement et protéines sont-ils compatibles ? "Oui", répond Olivier Cor, de Caliance. "Un bon rendement exige une plante en bon état physiologique, ce qui est également propice à l'obtention d'un bon taux de protéines".
Quels sont les leviers d'action ? Certes, les aléas climatiques et le type de sol de la parcelle jouent un grand rôle dans la teneur en protéines du grain. Mais l'agriculteur a plusieurs leviers à sa disposition. D'abord le choix variétal. "Certaines variétés, comme Prémio ou Altamira, ont des taux de protéines plus élevés que la moyenne. Néanmoins, le principal levier reste la conduite de la fertilisation azotée".


Fractionner


Le fractionnement des doses en trois apports, voire quatre, permet de concilier rendement et teneur en protéines. "L'objectif est de réduire le premier apport et d'augmenter le troisième. Selon le reliquat du sol, le premier apport au tallage sera calé sur une dose de 0 à 30 unités".      
La dose X, calculée selon la méthode du bilan, doit coller aux besoins de la culture en fonction du potentiel et des précédents culturaux. "Le second apport d'azote sera calé sur la dose X - 50 ou - 60 unités", déclare O. Cor. "Ce qui permettra de faire un troisième apport de 40 à 50 unités entre le stade 3 nœuds et la dernière feuille étalée". Cet apport va permettre de tirer le PMG (poids de mille grains) et donc le rendement vers le haut. "L'ammonitrate (30 euros les 30 unités) est la forme la plus adaptée pour ce stade".


Apport foliaire tardif


Dans les cas où la protéine est bien valorisée, un quatrième apport d'azote apparaît judicieux. "Il ne peut se faire que sous forme d'engrais foliaire (entre 5 et 10 unités/ha pour un coût de 30 euros/ha) entre la dernière feuille étalée et la floraison. A ce stade, un apport sous forme d'ammonitrate apparaît en effet trop risqué. En l'absence de pluie, l'effet serait nul". Ce dernier apport n'a pas pour but d'impacter le rendement mais uniquement le taux de protéines. L'engrais foliaire a l'avantage de pouvoir être associé au dernier fongicide (contre la fusariose) ce qui limite le nombre de passages.   
Pour que ces 5 à 10 unités apportées par l'engrais foliaire soient bien valorisées, plusieurs conditions doivent être réunies. "La plante doit être en bon état physiologique, notamment les deux dernières feuilles doivent être bien protégées. Pour créer de la protéine, il faut une température supérieure à 20 °C. Le froid est plus pénalisant que le manque d'eau". Mais, bien malin celui qui peut en avril, deviner les conditions climatiques de la fin de cycle.   

Patrick Bégos


Photo : La conduite de la fertilisation azotée impacte le rendement et le taux de protéines.   




Des blés hétérogènes en 2010

On observe une grande hétérogénéité entre des blés semés en bonnes conditions, en octobre-novembre, sur des terres qui drainent bien et des blés semés tardivement,  en janvier-février dont le rendement sera pénalisé. Globalement, la fertilisation azotée n'a pas été bien valorisée, à cause des températures et des sols froids, d'où des blés de couleur pâle. Avec le vent et le froid, les conditions de désherbage n'ont pas été optimales et certaines parcelles sont sales, ce qui nuira au rendement. Les maladies sont pour le moment peu présentes, les blés sont sains, mis à part quelques cas de rouille jaune en Côtes d'Armor et Ille et Vilaine. Il est trop tôt d'analyser les composantes de rendement, il peut y avoir un manque d'épis, selon les parcelles. La conduite doit être adaptée à l'état de la culture et à son potentiel. Un blé semé précocément et en bonnes conditions doit être bien protégé pour exprimer son potentiel.



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Date de l'article : semaine du N° du 30 Avril au 6 Mai 2010
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