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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°10651 |
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Volailles / Gaec de la Brousse à Broons (22) - Les poulets chauffés par les plaquettes de bois
 

Le montant des frais de chauffage s'élevait à 6 000 euros par an (gaz) pour 1 200 m2 et 6 lots de poulets", explique Bernard Richard, associé du Gaec de la Brousse à Broons (22). "Avec l'augmentation du coût de l'énergie, nous nous sommes interrogés sur les solutions possibles pour maîtriser les coûts". Le poulailler à ventilation dynamique de type Colorado est correctement isolé.


Récupérer les coupes de haies


Il restait la solution de changer d'énergie, par exemple en utilisant le bois des haies pour alimenter une chaudière, sous forme de plaquettes. La matière première existe sur l'exploitation, car le Gaec de la Brousse exploite 156 ha avec des parcelles entourées de haies. "Au lieu de brûler les coupes en bout de champ, nous les mettons dans la chaudière". Après visite d'élevages dans le nord de la France, les associés ont opté pour une chaudière à air pulsé (Air-Air-Industrie). "Je ne souhaitais pas avoir une chaudière à eau chaude", ajoute Bernard. "J'estime plus logique d'avoir de l'air chaud, pour limiter les pertes de rendements et éviter la corrosion des vannes".
La chaudière de 150 Kw a été installée fin 2009 (capacité de 4 000 m3/h), l'une des premières dans l'Ouest. Il a fallu quelques mises au point pour un bon fonctionnement. "La chaudière est composée d'une réserve de plaquettes de 8 m3, équipée d'un démêleur. Une vis sans fin amène les plaquettes au brûleur", explique Philippe Decool, d'Air-Air-Industrie. "La chaleur réchauffe des tubes dont l'air est ensuite pulsé dans le poulailler. L'air chaud sort dans le poulailler à 85-90°C, il monte rapidement jusqu'à la faîtière puis se répartit dans l'ensemble du bâtiment de manière homogène. Il y a moins d'1 degré d'écart entre différents points du poulailler".


70 à 100 m3 pour l'année


La chaudière travaille en dépression et il n'y a pas de retour de fumées. Une trémie intermédiaire entre la réserve de plaquettes et la vis sans fin sécurise l'installation en évitant les retours de flamme. Après la phase de réglage, le fonctionnement s'avère relativement simple. "Il faut en moyenne 2 chargements de la réserve pour un lot de poulets de 37-38 jours. Soit une consommation de plaquettes de 10 à 12 m3/lot et 70 à 100 m3 pour l'année, pour un poulailler de 1 200 m2. L'entretien ne demande pas plus de temps que celui des radiants", estime Bernard Richard.
"Je n'hésite pas à chauffer", poursuit l'éleveur. "Je n'ai plus l'œil sur la jauge de gaz comme avant.  L'ambiance est plus sèche, le taux d'hygrométrie descend de 15 % par rapport aux lots précédents. La litière se tient mieux et l'indice est meilleur".


Charges réduites, meilleurs résultats


"Compte tenu de la subvention de 40 % du PPE et de l'aide à l'investissement octroyée par Coopagri Bretagne, je considère que le coût de broyage des plaquettes, par entreprise, et l'amortissement de la machine sur 7 ans équivalent à 50 % des charges de gaz", estime Bernard Richard, qui a acheté la chaudière à un coût inférieur au coût actuel (36 000 euros). Avec ces aides, le délai de retour sur investissement serait de 4 à 5 ans.
Il est encore prématuré de comparer les résultats techniques obtenus avant et après investissement, car seulement 2 lots ont été produits après mise en place de la chaudière. "En analysant les performances des 7 lots de 2009 et des 2 lots de 2010, on observe déjà de meilleures croissances et des indices de consommation de consommation plus bas, pour un âge d'abattage inférieur de 2 jours", précise Pascal Le Dimna, technicien avicole de Coopagri Bretagne. La marge PA est supérieure de 2 à 3 %. A durée égale d'élevage, l'écart serait  encore plus favorable au chauffage au bois.  

Patrick Bégos


Photo : De gauche à droite : Bernard Richard, associé du Gaec de la Brousse, Philippe Decool, d'Air-Air-Industrie et Pascal Le Dimna, technicien avicole Sodiva-Coopagri Bretagne.

Les aides proposées par Sodiva
- aides au rachat d'élevage sous forme de prêt : maxi de 15 euros/m2 à 2,5 % sur 5 ans avec différé d'un an, garantie de rotation pendant 2 ans
- aides à la rénovation/mise aux normes/achat de matériel  sous forme de subvention de 30 % du montant des investissements réalisés avec un maxi de 5 euros/m2. L'éleveur s'engage sur 5 ans et accepte la polyvalence.



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Date de l'article : semaine du N° du 30 Avril au 6 Mai 2010
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