
Le syndicalisme vit un moment historique » a lancé Philippe Pinta, président d’Orama et de l’AGPB, le 27 avril, lors du meeting de la place de la Nation, suite à la manifestation qui rassemblé pas moins de 1 500 tracteurs et plus de 10 000 manifestants. « Il n’y a jamais eu autant de tracteurs dans Paris » a-t-il ajouté. Cette manifestation dont l’idée a été lancée par les FRSEA des zones céréalières début avril lors du congrès de la FNSEA a largement dépassé les clivages sectoriels. « La situation est extrémement grave pour toutes nos régions agricoles » a rappelé Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA qui n’avait pas appelé explicitement à cette mobilisation. « Nous sommes là alors que nous avions plus à faire dans nos champs » a expliqué le leader de la FNSEA. Cette mobilisation sera une vraie réussite si elle est suivie par des décisions concrètes du gouvernement explique le syndicaliste.
La France doit agir
« Paris doit nous entendre, Bruxelles doit nous comprendre et la France doit agir » a lancé Philippe Pinta. Particulièrement visé le « chef de l’Etat qui décide de tout » selon la formule de Jean-Michel Lemétayer. Déjà, il doit alléger les charges françaises liées à « l’environnement, aux coûts sociaux ou encore au coût du travail » résume le leader de la FNSEA. « On passe pour être les meilleurs du monde, en réalité, on est les champions du monde des charges » s’énerve Philippe Pinta qui fustige en passant « les politiques et les fonctionnaires contaminés par l’écologie radicale ». L’ancien ministre Michel Barnier n’est pas oublié par Philippe Pinta qui ironise sur ses qualités de « prophète ». « J’espère qu’il ne gère pas l’Europe comme il a géré l’agriculture » dénonce-t-il en faisait référence au bilan de santé de la Pac. Cette réforme décidée par Michel Barnier a, en effet, pénalisé les céréaliers pour permettre une redistribution des aides de la Pac aux éleveurs à l’herbe. Michel Barnier expliquait à l’époque que les cours de céréales allaient remonter.
Une ordonnance mal passée
LA FNSEA soutenait cette manifestation organisée par 14 FRSEA mais n’en était pas l’initiatrice. Il faut rappeler que le bilan de la santé de la Pac cautionné par la FNSEA et Michel Barnier avait redistribué les aides aux dépens des grandes cultures et au profit de la « viande extensive ». Une ordonnance qui est mal passée. Ce qui explique l’inimitié entre Philippe Pinta, l’homme des grandes cultures à la FNSEA et Michel Barnier, et sa « rancœur » contenue contre son organisation signataire de cet arrangement. Une décision qui intervenait au moment ou le prix des céréales baissait après avoir connu des sommets. Il faut toutefois rappeler qu’avant la flambée des cours, le revenu net annuel par actif était déjà plus de 5 fois plus élevé en Ile-de-France qu’en Bretagne.