
Comment faut-il gérer ses disponibilités aujourd’hui ? La chute vertigineuse des taux depuis la crise financière laisse perplexe. La Banque Centrale Européenne (BCE) a baissé son taux directeur à 1 % depuis un an, alors qu’il se situait à 4,25 % en septembre 2008. De fait, les taux de référence du marché monétaire sont aussi au plus bas : l’Eonia (taux moyen pondéré au jour le jour) flirte avec les 0,3 %, l’Euribor 3 mois est inférieur à 0,7 %. Et les marchés financiers n’anticipent pas de nouvelle hausse du taux directeur avant le dernier trimestre 2010.
Une épargne pour les dépenses à court terme
L’épargne de trésorerie comprend essentiellement les livrets, les Sicav monétaires et les Comptes à Terme (CAT). Elle correspond à l’épargne destinée à financer à court terme les dépenses de l’entreprise, mais également une partie des dépenses privées. Elle privilégie par conséquent la liquidité et une forte sécurité sur le capital, au détriment de sa rémunération qui sera proche de celle constatée sur le marché monétaire.
La rémunération des livrets réglementés par l’Etat suit un savant calcul pondérant les taux de l’Eonia, de l’Euribor 3 mois et de l’inflation. Le taux du livret A est passé à 1,25 % depuis le 1er août 2009. Il s’agit de son taux le plus bas depuis sa création en 1829 !
Le Livret de Développement Durable (LDD) suit la même rémunération. Le taux du LEP est celui du livret A, augmenté d’un demi-point. Celui du Compte Épargne Logement (CEL) est égal au 2/3 du livret A, arrondi au quart de point le plus proche. Les livrets réglementés varient donc dans une fourchette de 0,75 % à 1,75 %. Rien donc de mirobolant.
Le taux de rémunération des Sicav monétaires et des CAT restent légèrement en-deçà des taux directeurs de la BCE. Il se situe donc aujourd’hui aux alentours des 0,5 %, dans une fourchette allant de 0,1 % à 1 % environ. Les livrets bancaires ou spécifiques offrent une rémunération brute allant de 1 à 2 %. Il n’y a guère que les livrets jeunes (2 à 2,5 %) et les taux promotionnels de livrets en ligne qui offrent une rémunération supérieure, mais pour une durée limitée et un montant plafonné, avec des taux allant jusqu’à 4 %.
Ne conserver que le strict nécessaire
La baisse de la rémunération des livrets doit inciter tout épargnant à ne conserver en produits de trésorerie que le strict nécessaire. Les besoins sont à analyser en fonction des objectifs de chacun. La chute des taux ne remet pas en cause la hiérarchie établie :
• privilégier les livrets défiscalisés (livret A, LDD, voire LEP),
• être attentif aux offres spécifiques, sous certaines conditions, de certains organismes,
• s’intéresser aux livrets en ligne et aux promotions pour des capitaux plus importants,
• utiliser le CEL dans un objectif de financement d’un projet immobilier pour bénéficier de la prime de 0,375 % et d’un taux d’emprunt à 2,25 %,
• utiliser enfin, en cas de nécessité, les CAT et les Sicav monétaires.
L’épargne non strictement nécessaire à court terme doit être orientée vers des placements d’épargne de précaution plus rémunérateurs : PEL, DPA, obligations, assurance-vie en euros, voire éventuellement une affectation en produits de placements dynamiques : actions, unités de comptes des contrats d’assurances-vie multi supports, immobilier… Mais nous ne sommes plus alors dans la gestion immédiate de la trésorerie.
Marcel Castel, CER FRANCE Finistère