Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Implantation du maïs - “Je sème et je désherbe en un seul passage”
 

Pour être efficace, le désherbage de prélevée doit être réalisé le plus rapidement possible après le semis du maïs, sur sol frais. Préoccupé par la préparation de ses parcelles, l'agriculteur n'a pas toujours la possibilité d'intervenir dans de bonnes conditions. Il arrive même que le désherbage de prélevée soit abandonné, à cause de la pluie.


Innover, lors du renouvellement


En 2003, l'idée a germé de monter un système de pulvérisation sur le semoir à maïs, pour réaliser, en même temps, le semis et le désherbage. A l'initiative de Coopagri Bretagne et de Jacques Buguel, entrepreneur de travaux agricoles à Saint-Divy (29), des essais ont été réalisés avec des résultats favorables. Des entrepreneurs se sont équipés dès 2005.
"Un agriculteur intéressé m'a interrogé en 2007, sur cette technique", déclare Mikaël Cornen, entrepreneur à Plourin (29). "N'ayant pas l'équipement, j'ai fait intervenir Jacques Buguel chez un client, en 2007 et 2008. En 2009, je devais renouveler mon semoir. J'ai décidé d'innover en montant cet équipement de désherbage sur le nouveau semoir Kuhn".


Autonomie de 7 à 12 ha


Le dispositif comprend une cuve de 600 L à l'avant du tracteur, une pompe électrique qui transfère le produit jusqu'aux buses installées à l'arrière du semoir (2 par rang de maïs). "Le chauffeur commande la régulation électrique de la cabine (système DPA)", explique Mikaël. "Un automatisme, monté sur le relevage de l'outil, entraîne l'arrêt automatique de la pulvérisation en bout de parcelle. Le traitement est effectué avec un volume d'eau de 50 à 80 L/ha, d'où une autonomie de travail de 7 à 12 ha".
Antoine Le Bars, éleveur à Porspoder, a adopté la technique depuis 2007, pour 30 ha de maïs. Daniel Audrezet, de Plourin, fait appel au semoir de Mikaël Cornen depuis l'an dernier, pour 16 ha de maïs. "Avant 2009, je pratiquais un désherbage de post-levée (1 ou 2 passages)", souligne l'exploitant. "Cette nouvelle méthode associant semis et désherbage, me permet de me libérer, à un moment où la charge de travail est forte".


Moins de temps et de coût


"Je prépare les terres dans de bonnes conditions, puis l'entrepreneur intervient. Je suis sûr que le traitement est réalisé dans de bonnes conditions de fraîcheur du sol. L'an dernier, je n'ai pas réalisé de traitement complémentaire en post-levée, d'où une nette réduction de coût. Si nécessaire, je peux, quelques semaines plus tard, envisager un traitement de post-levée bien ciblé". Les buses sont situées à 40 cm du sol, ce qui permet une application plus précise et moins de risques de dérive du produit.
"Pour un coût modique de 15 euros supplémentaires par ha, près de 9 clients sur 10 choisissent cette nouvelle prestation", ajoute l'entrepreneur. Le débit de chantier (autour de 2 ha/heure avec un semoir 6 rangs) n'est pas altéré par le désherbage. Le chargement du pulvérisateur se fait à la ferme en même temps que le remplissage des trémies de semences. La principale contrainte, pour l'entrepreneur, est le montage de l'équipement sur le tracteur en début de saison (cuve, cables et tuyaux). Le tracteur est dédié au semoir pendant 3 semaines. Le chauffeur doit également être vigilant à la propreté des buses.  

Patrick Bégos


Photo : Le dispositif comprend une cuve de 600 L à l'avant du tracteur et une pompe électrique qui transfère le produit jusqu'aux buses situées à l'arrière du semoir.





Pré + post levée, une stratégie robuste
La combinaison pré + post-levée permet de sécuriser et de maîtriser les coûts. Le produit racinaire de pré-levée apporte un premier traitement de fond, notamment pour les adventices pour lesquelles les solutions en post-levée sont plus difficiles (graminées) ou quasi-inexistantes (véronique de Perse). Quelques semaines plus tard, en fonction des levées, un traitement de post-levée permet de "tirer à vue" sur les dicotylédones difficiles ou tout simplement d'effectuer un passage de bineuse.



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Date de l'article : semaine du N° du 30 Avril au 6 Mai 2010
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