
Cela fait maintenant quatre ans que s'est créée, dans le secteur de Pluzunet, cette "association pour la création d'une usine de déshydratation des fourrages". Quatre années d'études techniques, de visites d'usines du même type, d'enquêtes auprès des agriculteurs du secteur, avec 75 % des 320 répondants se montrant intéressés… Et pour autant, pas l'ombre d'un projet définitif en vue. "2010 sera une année de transition, explique Erwan Daniel, président. Nous avons démontré l'intérêt du projet et nos interlocuteurs trouvent l'idée intéressante. Mais nous bloquons sur l’approvisionnement énergétique : aujourd'hui, soit nous continuons, soit le projet s'arrête."
Valoriser une énergie perdue
À la base, le principe de l'association était simple : valoriser l'énergie du site de Valorys, à Pluzunet, pour sécher des fourrages et apporter une sécurité de récolte, notamment en fourrages à haute valeur protéique, aux agriculteurs du secteur. En effet, l'énergie fatale (ou valorisable) dégagée par le centre de traitement est utilisée en hiver pour chauffer des serres, tandis qu'en période de printemps / été, elle ne l'est pas. Mais le projet, en l'état, n'aurait permis de sécher que 6 à 8000 t de fourrages, pour un investissement de 4,5 à 5 millions d'euros. Une ineptie. "Nous étions prêts à tout arrêter quand on nous a parlé d'un projet de chaudière bois, sur le site de Valorys, devant fonctionner avec du bois de 3ème catégorie", retrace Erwan Daniel. Cela dégagerait une énergie supplémentaire dont les agriculteurs pourraient se servir pour sécher, cette fois, 12 à 14 000 t de fourrages.. "Là où l'on bloque, c'est sur la mobilisation de la ressource départementale en bois. Malgré nos sollicitations auprès des élus, ça n'avance pas", regrette le président, évoquant au passage la possibilité de sécher, en plus du bois, des algues vertes dans le cadre de l'appel à projets du Préfet de région. Mais difficile de démontrer l'intérêt technique d'un tel mélange.
Patience forcée
Contraints à l'attente, les responsables de l'association, qui ont toujours voulu adosser leur projet à Valorys pour profiter d’une énergie à moindre coût, gardent espoir même si le temps joue en leur défaveur. "Dans le contexte actuel, il est très difficile de mobiliser", souligne Erwan Daniel. Le potentiel devrait cependant rester largement présent : dans les 25 km qui entourent Pluzunet, on dénombre près de 1000 exploitations avec des bovins, et l’enquête faite avec BCLO en 2007 établissait le prix maximum à 100 euros/tonne de fourrage sec (ce qui est aujourd’hui le prix maximum constaté dans plusieurs installations existantes). Pour l'heure, l'association a pris contact avec la société d'économie mixte de Saint-Brieuc la SEMAEB, qui a œuvré dans le montage de projet de Géotexia – elle-même sortant aujourd'hui de terre –.
Anne-Laure Lussou
Le bureau de l'association : Philippe Prigent, Yves Droumaguet, Erwan Daniel (président).