Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°10639 |
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Côtes d'Armor (22)
Session de la Chambre d'agriculture / La Chambre va mieux, l'agriculture pas du tout
 

Pas bien optimistes, les élus lors de la dernière session de la Chambre d’agriculture du 15 avril. Au rang des bonnes nouvelles, on notera tout de même l'état de santé financière de la structure, en amélioration avec un résultat de fonctionnement de 240 000 euros après deux années de déficit. "2009 marque le retour à l'équilibre. C'est une satisfaction après le plan de restriction vécu par nos équipes qui ont retroussé leurs manches, indique Jean-Noël Sidaner, 1er vice-président. On peut être sereins."


Revenus en chute


À l'inverse, l'état de santé de l'agriculture du département inspire tout sauf de la sérénité. À la baisse des prix payés aux producteurs s'est ajoutée la diminution des volumes de production (- 1 % en porc,
- 7 % en lait), conduisant, d'après la Chambre, à une perte de 173 millions d'euros pour l'économie départementale. 20 % des éleveurs laitiers auraient clôturé l'année avec une baisse de 7000 euros et 30 % des éleveurs de porcs seraient endettés à plus de 100 %. "370 demandes de RSA ont été faites au Conseil général", s'alarme Thierry Thomas, Confédération Paysanne, pour qui l'une des clés sera l'amélioration de la valeur ajoutée des produits bretons. "Les dirigeants de l'agroalimentaire doivent prendre leurs responsabilités", répète-t-il à l'envi.


Énergie : des inquiétudes


Du côté du secteur – néanmoins porteur – de l'énergie, une réduction drastique des financements est aussi en cours, le Plan de performance énergétique (PPE) étant actuellement en stand by forcé (voir aussi page 8). Autre source d'inquiétude, pour les élus : le photovoltaïque au sol, qui commence sérieusement à concurrencer le photovoltaïque sur bâtiments. "Dans le département, le tarif de rachat de l'électricité pour le photovoltaïque au sol atteint 37 centimes, soit pas beaucoup moins que les 42 c du photovoltaïque sur bâtiment. Le différentiel n'est pas suffisant", déplore Jean-Jacques René, élu en charge de l'énergie. Actuellement, aucun projet au sol n'a néanmoins vu le jour en Côtes-d'Armor sur des terres agricoles. À la préfecture, on s'annonce particulièrement vigilant pour qu'elles ne soient pas impactées.


LMA : la déception


Pas davantage de lueur d'espoir, enfin, du côté de la future Loi de modernisation agricole (LMA), censée préparer l'agriculture française à la Pac de l'après 2013. "Elle affiche des objectifs ambitieux mais, d'après l'expertise faite en commission économie, le projet n'est pas à la hauteur", indique Marie Henry, de la Chambre régionale. Les élus entendent profiter de la révision de la loi pour revoir le contrôle des structures, qui donne des signes d'essoufflement. Sur la question foncière en général, ils déplorent l'inopérance du projet évoqué de taxe sur la cession de terrains constructibles au profit de l'État. Leur souhait : réévaluer le montant de cette taxe en l'indexant sur une notion de densification, de façon inversement proportionnelle, avec franchise. L'objectif serait aussi que ces fonds restent dans le secteur agricole, mais rien n'est dit qu'ils le feront.
 Sur le plan de l'organisation économique enfin, la LMA semble bien pauvre, d'où le souhait des élus de voir renforcer le pouvoir de négociations des producteurs ainsi que de "consolider des Associations d'organisations de producteurs (AOP)". Pour le président de l'APCA Guy Vasseur, "si le projet de loi reste tel quel, il ne répond pas aux objectifs. Les politiques semblent d'ailleurs avoir compris que la LMA n'apportait pas de réponse". Affaire à suivre.

Anne-Laure Lussou


Photo : Guy Vasseur, président de l'APCA, Olivier Allain, président de la Chambre, Stéphane Gouault, directeur, et Jean-Noël Sidaner, 1er vice-président.



 




 


 


Apli : un intermède tendu


Comme dans la Finistère, la dernière session aura été marquée par l'arrivée massive de manifestants de l'Apli en cours de réunion. Environ 150 d'entre eux, des Côtes-d'Armor, mais aussi du Finistère et dl'Ille-et-Vilaine, sont venus exprimer leur colère devant des élus qui ont parfois eu du mal à terminer leurs propos tant les réactions étaient véhémentes. Aucun échange constructif n'aura été possible, les deux camps s'accordant sur un seul constat : le fait que le prix du lait est catastrophiquement bas. "Mais dans votre proposition, vous vous limitez au Grand Ouest avec les OP et les AOP alors que nous, nous dessinons de grands bassins de production, et un Office du lait européen. Nous ne voulons pas de contractualisation, pas de transfert de propriété !", s'est ainsi exprimé Jean-Michel Favennec, CR 29, résumant la position Apli. "Ce que vous proposez, c'est le sauvetage de votre système, de la FNSEA et de vos coopératives", entendra-t-on plus tard. Ou encore : "vous ne savez plus écouter la base".



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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Avril 2010
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La révolution rurale des années 60





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