Il faut désormais chercher de plus en plus loin les facteurs qui influent sur notre économie proche. C’est aussi à l’échelle du monde qu’il faut raisonner pour comprendre l’évolution des marchés agricoles. Les matières premières flambent mais pas seulement pour leur valeur d’usage. Le blé hier, le cuivre et le caoutchouc aujourd’hui, représentent un potentiel de spéculation pour les financiers. C’est pourtant aux USA, pays du libéralisme économique et bientôt en Europe qu’a été mis en place une autorité de régulation pour prévenir des conséquences de la financiarisation des marchés à terme de matières premières.
La mondialisation des échanges nous rend plus sensibles aux fluctuations des monnaies, et plus seulement le dollar : le yuan chinois, le real brésilien ou la roupie indienne peuvent bouleverser les termes de l’échange commercial entre pays. Cette évolution de la société appelle à considérer avec encore plus de nécessité, l’économie proche : celle des acteurs locaux, nos territoires, nos produits. Ce que René Dubos (agronome français et chercheur biologiste qui fit carrière aux États-Unis) lors du premier sommet de l’environnement à Stockholm en 1972, résumait par la formule devenue célèbre « penser global (mondial) et agir local ». Les « vieilles » structures coopératives deviennent ainsi des organisations modernes adaptées à cette nécessité « d’être dans le monde » sans se couper du local. L’ancrage dans le territoire et « le lien au sol » de ses propres « adhérents » lui confèrent une certaine responsabilité. Sans oublier les démarches valorisant le terroir : appellations et indications d’origine, vente directe du producteur au consommateur ou encore, chez nous, la démarche « Produit en Bretagne ». Des initiatives qui s’inscrivent aussi dans une ouverture au monde.