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Gilles Simonneaux à Chavagne (35) / Le congé paternité d'un agriculteur comblé
 

À l'approche de l'arrivée de notre petite Agathe, je ne me suis pas posé la question de prendre mon congé paternité ou pas. Je l'ai pris !", raconte tout simplement Gilles Simmonneaux, installé en production laitière biologique à Chavagne (35). Déjà papa d'un petit garçon, il avait aussi bénéficié du congé paternité en 2003. "Cette fois-ci, la différence, c'est que j'ai anticipé : Agathe devait arriver en février, j'ai fait ma demande à la MSA en janvier." La procédure implique que l'agriculteur indique le service de remplacement qu'il choisit, obligatoirement agréé, ainsi que la période durant laquelle il souhaite être remplacé.


Mise en contact directe


La mise en contact avec le futur remplaçant, quant à elle, s'est réalisée très facilement. Cas exceptionnel (car d’ordinaire l’association met son propre personnel à disposition) : c'est Gilles Simonneaux lui-même qui l’a proposé au service de remplacement. "Je connaissais déjà Guillaume et  il se trouve qu'il était disponible, avec une bonne connaissance de l'agriculture biologique pour avoir fait son apprentissage en ferme bio, explique-t-il. J'ai proposé son nom et il a été embauché. L'avantage, c'est qu'il connaissait déjà un peu la ferme." À l'issue de la prévisite (obligatoire) de l'exploitation, le jeune Guillaume a donc remplacé Gilles le temps de son congé, soit 11 jours. Le tout, pour un montant raisonnable puisque seules les contributions sociales (CSG / CRDS) restent à la charge du remplacé, soit environ 98 euros. Les fiches de paie sont réalisées par le service de remplacement.


Du temps pour souffler


Au final, le congé paternité aura permis à Gilles de souffler un peu, à une période où les nuits se font plus courtes, et de profiter de l'arrivée de sa dernière. "Étant associé sur l'exploitation, j'ai l'habitude d'être remplacé, donc ça ne m'a pas posé problème", témoigne-t-il, même s'il a parfois été difficile de ne pas aller donner un coup de main sur la ferme, étant sur place. Il est vrai que les projets y sont nombreux : une étude est en cours sur d'anciennes variétés de blé ; un four à pain vient d'être construit et l'objectif est d'installer un jeune sur l'activité pain, avec vente en direct au sein de plusieurs Amap. Agathe aura plein de choses à découvrir sur place.

Anne-Laure Lussou



Un dispositif en progression
En Ille-et-Vilaine, le nombre d'heures enregistrées au compte du congé paternité par Ille-et-Vilaine remplacement a été de 9 600 h en 2007, 9 900 h en 2008 et 7 200 h en 2009. Un léger recul pas forcément significatif d'une baisse du nombre de congés paternité, les nombres d'heures effectuées pour différents types de remplacement pouvant être cumulés. "Globalement, le système est en progression même s'il reste encore du potentiel", atteste Pascale Martin, animatrice d’Ille-et-Villaine remplacement. Au plan national, le congé paternité était le quatrième motif de recours au remplacement (6 %) en 2008, après la maladie / accident (34 %), les congés (28 %), et la maternité (17 %).





Légende photo : La famille au complet : Gilles Simmonneaux et sa compagne Rose-Marie, avec les enfants Agathe (2 mois), Victorien (7 ans) et Loane (3 ans ½).

 



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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Avril 2010
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