Nous allons rencontrer très vite Eric Woerth, le ministre du Travail, pour qu’il n’oublie pas nos anciens dans sa réforme des retraites ». C’est ce qu’a déclaré, le 1er avril Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA en clôture de son congrès. Sauf que depuis cette certitude, aucun rendez-vous n’a été fixé. La FNSEA a pourtant, pour l’occasion une double casquette, en tant que syndicat de défense des employeurs et des chefs d’exploitation. Le 15 avril, la FNSEA attendait toujours son rendez-vous avec le ministre, Eric Woerth, chargé de cette négociation par Nicolas Sarkozy.
Grande vitesse
François Lucas, le président de la Coordination Rurale s’est fendu, le 14 avril d’un courrier à Bruno Le Maire mettant en avant le rythme accéléré de la consultation des partenaires sociaux, pour s’étonner que la CR n’y soit pas encore conviée. Le syndicat souhaite faire valoir son point de vue sur les retraites agricoles et demande au ministre de l’Agriculture de l’intégrer parmi les organismes qui seront consultés. Mais Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture, ne semble pas jusqu’ici vouloir s’impliquer directement dans ce dossier. Il n’a pas évoqué ce sujet des retraites agricoles en réponse à Jean-Michel Lemétayer lors du congrès de la FNSEA. Il n’a pas communiqué depuis le lancement de la négociation. Ce qui n’est pas sans étonner les syndicalistes agricoles de tout bord. « Il ne se passe rien », constatait Philippe Collin, porte-parole de la Confédération Paysanne. Le ministre a sans doute mieux à faire ! »
Plus de régime spécifique ?
La discrétion du ministre peut alors s’expliquer, selon certains, comme un signe politique de la volonté du gouvernement d’adosser un pan du régime des retraites agricoles sur le régime général. Certaines spécificités entrant dans le calcul des retraites agricoles pourraient évoluer comme la prise en compte de la carrière complète. Dans tous les cas, « on doit avoir la parole à ce sujet et explorer les possibilités », souligne Jean-Bernard Bayard de la FNSEA. Est-il encore possible au regard de la société de défendre des régimes spécifiques ? C’est une vraie question.