
Le PPE est-il mort ?", interrogeait, lors de session de la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor du 15 avril l'élu Yves Droumaguet. Pour l'heure, il semble en tout cas mal en point. Mis en place en 2009 pour aider les exploitations à atteindre les objectifs du Grenelle de l'environnement (30 % d'exploitations à faible dépendance énergétique d’ici 2013), il devait s'étendre sur 5 ans. Pour 2009, l'enveloppe nationale avait atteint 35 millions d'euros dont 30 au titre du plan de relance de l'économie. De quoi contribuer à la réalisation de nombre de diagnostics énergétiques et permettre l'essor d'équipements améliorant l'efficacité énergétique des exploitations (chauffe-eau solaire, chaudières à biomasse, pompes à chaleur, unités de méthanisation…). Mais pour 2010, rien ne va plus, le dispositif devant être financé par les retombées de la taxe carbone, elle-même retoquée à l'issue des élections régionales. "Les agriculteurs étaient dans les starting-blocks, prêts à investir malgré la conjoncture difficile, et voilà qu'on les bloque en plein élan !" s'insurgeait Jean-Jacques René, élu en charge de l'énergie à la Chambre d'agriculture 22. "La Draf nous a réuni il y a trois semaines, et nous avons bien senti qu'il y avait un malaise... Qu'adviendra-t-il maintenant ?"
Démarches en cours
Interpellés respectivement sur le sujet, le président de l'APCA Guy Vasseur et le représentant du préfet des Côtes-d'Armor ont tous deux assuré les agriculteurs de leur soutien, le premier indiquant être intervenu auprès de Matignon pour "alerter sur l'arrêt de la dynamique", et le second promettant de "faire remonter les préoccupations". Mais c'est bien au niveau du gouvernement et du gouvernement uniquement que sera décidé l'avenir du dispositif. Le stopper de manière définitive, à l'heure actuelle, serait plus que dommageable.
Anne-Laure Lussou
Note : le dispositif est indépendant du programme breton Éco-énergie Bretagne, lui-même pas affecté.
Légende photo : Guy Vasseur, nouveau président de l'APCA