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Sommaire | " GESTION DE L'EXPLOITATION " | Article n°10626 |
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Assurance récolte / Pensez-y avant le 15 mai
 

La souscription de l’assurance récolte intervient idéalement au moment des semis.
Cette protection s’applique soit à l’ensemble de l’exploitation, soit à la culture (à l’exception des pâturages). Un contrat à la culture assure toutes les parcelles d’une exploitation implantée avec une même culture. Vous pouvez par exemple assurer uniquement la culture de blé pour l’ensemble de l’exploitation. Par contre, il est impossible d’assurer une parcelle de blé sur deux.


Mini et maxi


Le contrat doit couvrir au minimum les risques de sécheresse, grêle, gel, inondation ou excès d'eau, vent ou tempête et, au maximum, les risques fixés par l'arrêté du 22 janvier 2010 (température basse, excès de température ou coup de chaleur, poids de la neige ou du givre, manque de rayonnement solaire.)
L’assurance récolte se déclenche en cas de perte de rendement, consécutive à un aléa climatique (et non à une baisse de revenu liée au prix). Les pertes sont donc mesurées par rapport à un rendement garanti. Plus le rendement garanti sera élevé, plus les pertes pourront être conséquentes et donner lieu à des indemnités.
La cotisation d’assurance est, quant à elle, fonction du capital garanti, calculé en multipliant le rendement garanti par un prix. Rendements et prix sont appréciés sur la base de références historiques ou personnalisés.
La cotisation dépend également du niveau de franchise que vous aurez retenu. À l’image de l’assurance automobile, plus la franchise à la charge du client est faible, plus la cotisation d’assurance, mais aussi la couverture, sont élevées.


Avant le 15 mai


Afin d’encourager l’assurance récolte en 2010, la Pac prévoit la prise en charge de 65 % de la cotisation relevant d’un contrat de base à la culture, défini par un seuil de déclenchement à 30 % et une franchise de 25 %. Dans les faits, la subvention nette peut être estimée à 61 %.
Notons que la subvention est fixe, en fonction du seuil de 25 %. La part supplémentaire de cotisation engendrée par une meilleure couverture de risque (exemple d’une franchise à 15 %) reste donc intégralement à la charge du souscripteur. L’intégralité de la cotisation d’assurance devra être payée au plus tard pour le 31 octobre prochain. La subvention sera versée quatre mois après, soit au printemps 2011.
Il semble à ce jour qu’en Bretagne, les exploitants aient peu souscrit d’assurance récolte. Toutefois, le retrait de l’État du fonds de garantie des calamités agricoles et l’ouverture de la couverture des risques au secteur privé doivent engager chacun à raisonner l’alternative de l’assurance récolte en terme de gestion. Il est vrai que l’indemnisation restera par nature liée à des éléments climatiques considérés comme exceptionnels. Le coût net de cette protection reste néanmoins mesuré. Ceci d’autant que la souscription d’une assurance récolte ouvre également droit à l’ouverture d’un compte Déduction Pour Aléas (DPA). La question mérite donc réflexion.

P. Grailhe et H. Conan
CER France Morbihan



DPA et conditions d’assurance, trop contraignantes !
Pour bénéficier de la déduction pour aléas (DPA*) au titre d’un exercice, l’exploitant agricole doit avoir souscrit des assurances couvrant les risques d’incendie et des assurances spécifiques, suivant la nature des activités exercées couvrant le totalité de son exploitation au titre de l’exercice considéré.
Cette condition doit être effective pour les bâtiments, les activités d’élevage et l’ensemble des cultures tout au long de l’exercice.
Si l’assurance couvrant le risque incendie (contenant et contenu) est satisfaite sans modification des conditions existantes, pour les élevages, le contrat doit couvrir le risque de foudre sur le cheptel hors bâtiments, et le risque de chaleur entraînant la mortalité du cheptel d’élevage hors-sol à l’intérieur des bâtiments.
Pour les cultures, l’assurance doit couvrir l’ensemble des plantations. Elle doit être souscrite au plus tard dans les trois mois suivant la date d’ensemencement ou de plantation. Les conditions d’assurance reprennent celles de l’assurance récolte pour les risques assurables qui ouvrent droit à la subvention. Pour les autres risques, l’exploitant devra souscrire une assurance contre la grêle, la tempête.
Ces conditions d’assurance plus lourdes que celles de l’assurance récolte rendent la DPA non opérante en pratique.

* DPA : outil fiscal de lissage du revenu agricole, par la déduction d’une fraction de leur revenu annuel plafonnée à 23 000 euros, à condition que cette somme soit versée sur un compte d’épargne spécifique ouvert auprès d’un établissement de crédit.





Légende photo : Toutes les parcelles d’une même culture doivent être assurées.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 23 au 29 Avril 2010
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