
Un troisième hiver sans problèmes sanitaires. L'investissement, pour 2500 euros, dans un local d'élevage des veaux, jusqu'au sevrage, s'est révélé bénéfique chez Daniel Bertho, à Saint-Nolff. « Avant 2007, certains veaux étaient logés dans des cabanes en bois, à l'extérieur du hangar. Trop éloignées de la laiterie, la manutention était contraignante. D'autres étaient élevés dans un coin du hangar à fourrage. Les diarrhées étaient récurrentes, avec de la mortalité ». Le groupage de la soixantaine de vêlages dans les trois mois de fin d'année accentuait les difficultés. « Le diagnostic du GDS était clair. Les courants d'air tourbillonnaient au dessus des veaux. Je me suis donc décidé à aménager un local dans les normes édictées par les spécialistes ». Un local isolé, bien ventilé, en bout de hangar, à proximité de la laiterie et du boxe de vêlage.
Matériel récupéré
« Nous intervenons en deux étapes », indique Patrick Roszach, technicien du GDS 56, « A la première visite, nous établissons un diagnostic d'ambiance. Chez Daniel Bertho, la nurserie, aménagée par l'éleveur était trop volumineuse. Les tests au fumigène montraient la présence de nombreux courants d'air ». Il est parfois nécessaire, selon lui, de réaliser plusieurs diagnostics d’ambiance. Les données météo le jour du diagnostic peuvent très fortement influer sur les résultats des mesures.
Un local, séparé et isolé, a été aménagé selon les préconisations du spécialiste. Un plafond à 3 m de hauteur, permet de réduire le volume de la pièce. Des trous de lumière, dans les plaques d'isolants, permettent de conserver de la clarté. Dans les côtés Sud-Ouest et Nord, un bardage bois a été installé (1 cm espacement entre les planches). Côté Est, un contreplaqué et un filet type GV 80 (1 m de hauteur chacun), complètent le dispositif. « L'ambiance est meilleure » assure l 'éleveur. Les cases, de 1,10 m sur 2 mètres, ont été aménagées avec du matériel récupéré. « les séparations en béton proviennent de cases de porcheries. Le plancher en bois et les portes ont été récupérées dans un atelier de veaux de boucherie ». Sous le plancher, le sol bétonné est en pente légère. Les jus sont collectés et dirigés vers la fosse. Les veaux reçoivent un repas par jour, de poudre de lait, jusqu'à 100 kilos de poids et un aliment anticoccidien, jusqu'à 6 mois, à raison de 2 kilos, au maximum. L'eau et la paille sont distribués à volonté.
Bernard Laurent
Photo : La nouvelle nurserie, aménagée selon les recommandations du GDS.