Comme partout en Bretagne, l'année 2009 a été très difficile sur les productions vrac et grappe, qui constituent la moitié des productions du groupement Savéol. "Nous enregistrons une perte de valeur de 7% sur ces produits, à volume constant", ont noté les responsables qui tenaient leur assemblée générale le 2 avril à Plougastel-Daoulas. "A partir du mois de mai, les produits ont subi une concurrence forte des produits belges et hollandais, ceux-ci ne trouvant pas leurs débouchés habituels sur les marchés de l'Est. Les rendements ont atteint des niveaux exceptionnels en Hollande, notamment sur juillet. L'offre a été trop importante jusqu'à la fin de la campagne".
Les producteurs s'interrogent sur les prix très bas pratiqués par les Belges et les Hollandais. Ils pointent du doigt une distorsion de concurrence dénoncée depuis longtemps par les professionnels bretons : "Leur coût énergétique est abaissé grâce à la cogénération, acceptée dans leurs pays 12 mois sur 12".
Dans ce contexte difficile, les producteurs ont pu néanmoins sauver la mise sur les variétés de segmentation : une direction engagée il y a plusieurs années par Savéol. "A volume identique, la valeur augmente de 9% en 2009 sur ces produits". Toutefois, même sur ce marché, la concurrence se fait plus présente, provenant notamment du Maroc. En 2009, Savéol a lancé une nouvelle famille de tomates baptisée "Séduction". On y trouve les variétés "cerise rubis", "Carmen" et "Tigre". Le volume total de tomates produit par les adhérents dépasse 72 000 tonnes en 2009.
En fraises, le chiffre d'affaires a progressé de 8%. "Les volumes ont atteint près de 1 400 tonnes, soit une hausse de 10% par rapport à 2008, essentiellement due à une amélioration des rendements". La production de concombres s’est établie à 670 tonnes, en progression.
Prise en compte renforcée de l'environnement
Autre thématique fortement développée par le groupement, le management de la qualité et de l'environnement. En 2009, 39 exploitations sur 120 sont désormais qualifiées Globalgap, démarche qualité exigée à l’export (Allemagne et Grande Bretagne). "Nous mettons en œuvre des techniques douces de protection des cultures (PBI), un tri sélectif, le recyclage des déchets dans des filières qualifiées et le recyclage des eaux de drainage. Un nouveau matériau plus écologique a été introduit dans les barquettes, et des emballages biodégradables d'origine végétale sont utilisés", notent les responsables.
Les producteurs développent par ailleurs les énergies renouvelables : bois énergie sur 31 ha, pompes à chaleur. Et plus de la moitié des surfaces de serres sont équipées d’écrans thermiques.
Sur le plan de l'expérimentation, Savéol a signé une Convention avec le Cérafel pour cinq ans. "C'est un enjeu important pour la pérennité de nos exploitations", souligne Philippe Daré, le président de Savéol. Signe du dynamisme du groupement, trois jeunes producteurs se sont installés en 2009. Et de nouveaux projets sont en cours.
Agnès Cussonneau