
Depuis une dizaine d'années, la pomme de terre primeur broie du noir, éprouvant des difficultés à se positionner sur son marché. En Bretagne Nord, les surfaces ont fortement chuté sur la décennie passée. Et devraient encore baisser en 2010. "Sur la campagne 2009, la concurrence des produits de consommation a été très forte. Stockés en frigo, ils étaient présents jusqu'en septembre dans les magasins. Les gros négociants n'ont même pas fait référencer de pommes de terre primeurs", note Yvon Bocher, responsable professionnel basé dans les Côtes d'Armor et administrateur au CNIPT (Comité national interprofessionnel de la pomme de terre). Depuis quelques années, le comité intègre la pomme de terre primeur.
Cette année, les producteurs de primeurs bretons attendent une meilleure mise en avant de leur produit. Certaines niches sont bien valorisées comme la Primaline, produite de mars à fin avril. Souhaitant surfer sur ce créneau porteur, les légumiers vont proposer une qualité irréprochable, y compris pour les productions de plein champ. "Les produits terreux seront lavés pour être plus attrayants. De la tourbe blonde pourra être ajoutée", explique Yvon Bocher. Actuellement, la plus grande partie de la production est vendue en cagettes de 14 kg. "De plus petits conditionnements vont être proposés : jusqu'à 5 kg comme c'est déjà le cas en Primaline". Par ailleurs, le sachet fraîcheur va être renouvelé.
Nouveau logo, spots radio et publicité en rayon
Au niveau national aussi, un plan d'action a été décidé, construit à partir d'enquêtes menées par le CNIPT durant la campagne 2009. En particulier, l'étude confirme le besoin d'identifier clairement les primeurs françaises. Pour communiquer plus efficacement en rayon, un nouveau logo "Pommes de terre – Primeures de nos terroirs" va être apposé sur les emballages. Tous les bassins de production sont entrés dans la démarche : Bretagne, Val de Loire, Rhône Méditerranée, Grand Sud-Ouest et Normandie.
Les professionnels ont également engagé un investissement publicitaire conséquent à la radio, du 9 au 19 juin, avec 375 spots diffusés. Cette communication va être renforcée par une publicité sur le lieu de vente (PLV) sous forme de stops rayons, mobiles et dépliants. "Un concours-photo est organisé pour les chefs de rayon". Et les consommateurs pourront participer à un grand jeu sur www.pommesdeterreprimeurs.com.
Les enquêtes réalisées par le CNIPT ont montré l'excellente image dont bénéficie la pomme de terre primeur française. Les responsables de rayons fruits et légumes font remarquer sa meilleure qualité (en comparaison à la conservation) et les bénéfices qu'elle peut apporter sur les étals : fraîcheur et animation. De leur côté, "les maîtresses de maison différencient la primeur par sa saisonnalité, sa peau, sa petite taille et sa fraîcheur. Le goût est la première raison d'achat, suivi de la saisonnalité et de la volonté de changer des pommes de terre classiques", récapitulent les responsables de l'étude. Reste à faire valoir ces atouts indéniables.
Agnès Cussonneau