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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Légumes | Article n°10607 |
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Légumes / Le plan Ecophyto 2018 inquiète - L’utilisation des phytos a déjà beaucoup baissé
 

La réduction de 50% de l'usage des produits phytosanitaires, prévue dans le plan Ecophyto 2018, inquiète les légumiers bretons. "L'administration va prendre en compte l'année 2008 comme point zéro, tout simplement car les registres de ventes de phytos commencent à cette date. Nous aurions préféré une moyenne triennale ou une année antérieure", a précisé Louis Jestin de la Chambre régionale d'agriculture, intervenant à l'assemblée générale du Caté (la station expérimentale légumière et horticole du Nord Bretagne).


PBI, couverts végétaux, génétique…


"Les progrès réalisés par les légumiers ont commencé bien avant 2008, avec notamment l'accompagnement des stations d'expérimentation et de la Chambre d'agriculture. Sur certaines cultures, un seul ou deux traitements sont aujourd'hui effectués. Des passerelles existent entre le conventionnel et le bio, expérimenté depuis plus de 10 ans à la SECL de Pleumeur-Gautier", note Michel Le Roux, directeur du Caté. Les couverts végétaux sont par exemple très intéressants.
Autre solution, "la protection biologique intégrée (PBI) est devenue courante sur certaines cultures comme l'artichaut. Dans les années 80-90, des traitements phytos étaient réalisés contre les pucerons noirs. Aujourd'hui, les pucerons verts, quand ils ne sont pas trop envahissants, sont laissés sur les cultures pour nourrir la faune auxiliaire. Cette dernière est ainsi en place quand les pucerons noirs arrivent", donne en exemple Jean-Luc Péden, de la Chambre d'agriculture. En pépinière d'extérieur, la PBI est également expérimentée, ainsi que la présence d'autres plantes dans les cultures.
En choux-fleurs, les traitements sont réduits, notamment grâce à la voie génétique. "La première variété tolérante au mycosphaerella est apparue en 2002. Aujourd'hui, 35% des variétés testées sont tolérantes ou résistantes à ce champignon, ce qui permet de ne pas les traiter", note Damien Penguilly, responsable de l'expérimentation choux au Caté. Plus globalement en Bretagne, "les démarches de bassins versants, les contrôles de pulvérisateurs réalisés par le Crodip sont des actions engagées depuis plusieurs années qui vont dans le sens de la baisse de l'emploi des phytos", note Louis Jestin.


Baisse de 20 à 25% encore possible


"20 à 25% de réduction est encore possible, si les techniques connues actuellement se mettent en place chez tous les légumiers", chiffre Michel Le Roux. Pour le reste, des leviers peuvent sans doute encore être actionnés si on raisonne à l'échelle de la culture ou du système d'exploitation. "Mais, il faut agir avec prudence si nous ne voulons pas avoir des problèmes de qualité de produits", soulignent les professionnels.
Pour le moment, certains parasites posent encore de sérieux problèmes aux producteurs. Pour les mouches s'attaquant aux choux et carottes, le traitement phytosanitaire en curatif reste indispensable. "Une étude nationale est en cours (2009 à 2011) pour évaluer l'influence des taillis et haies sur la présence des mouches - sachant qu'ils sont par ailleurs essentiels au développement de la faune auxiliaire".

Agnès Cussonneau


Photo : De gauche à droite : Mikaël Mercier, Jean-Guy Guéguen, Jean-Denis Crenn et Daniel Le Duff.




Jean-Denis Crenn, nouveau président du Caté
Entré comme administrateur au Caté en 1983, Jean-Guy Guéguen en était le président depuis 12 ans. Egalement maire de Carantec et toujours en activité, il a souhaité passer le flambeau à Jean-Denis Crenn, 39 ans. Basé à Plouvorn, ce producteur de champignons, brocolis, céréales et porcs est également vice-président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon. Des changements ont aussi été opérés dans le bureau avec deux nouveaux membres : Daniel Le Duff (producteur de tomates et fraises sous abri) et Mikaël Mercier (pépiniériste). Thierry Merret demeure le représentant de la Chambre d'agriculture au bureau.



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Avril 2010
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