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AVICULTURE DE CHAIR / La filière poulet concernée dès juin 2010 - Limiter le coût du “bien-être”
 

En juin 2010, la directive relative à la protection des poulets de chair sera transposée en droit français*. La principale exigence de cette directive concerne la densité maximale. Un élevage industriel ne doit pas dépasser 33 kg/m². Cependant, cette limite peut aller jusqu’à 39 kg/m² si l’élevage respecte des règles plus strictes (cf. encadré). Les éleveurs pourront bénéficier d’un « bonus » de 3 kg/m², c’est-à-dire la possibilité d’aller jusqu’à 42 kg/m², s’ils parviennent à réduire le taux de mortalité journalier cumulé à moins de 1 % + 0,06 % * x (x étant l’âge en jours du troupeau à l’abattage) pendant 7 bandes consécutives. Pour décrocher ce « bonus » il faudra respecter scrupuleusement le guide des bonnes pratiques pendant deux ans.


Impact sur la marge PA


Cette directive aura un impact direct sur la marge poussin-aliment (PA) des élevages intensifs. Il existe une corrélation très forte entre productivité et marge PA. D’après l’étude 2008-2009 de Cogedis, les meilleures marges sont issues des élevages qui sortent le plus de kg/m²/an (cf. graphique). Il est probable que la plupart des élevages s’adaptent vite au premier niveau de 33 kg/m2 pour lequel ils sont déjà prêts. Nombreux seront ceux aussi qui passeront aux 39 kg/m² en appliquant les règles (cf. encadré). A chacun de vérifier au plus vite s’il répond aux nouveaux critères.


1 euro par m2


Selon l’étude Cogedis, 34 % des éleveurs sont au-delà d’une production de 42 kg/m² et 53 % au dessus de 39 kg/m². La moyenne de production des éleveurs au-delà de 42 kg/m² est de 45,37 kg/m². Autrement dit, ils vont devoir baisser leur production de plus de 3 kg/m² pour atteindre 42 kg/m² ou 6 kg/m² pour respecter les 39 kg/m² ! Hormis l’achat de poussins et l’alimentation, les charges baisseront peu. L’impact financier pour un passage de 45 kg/m² à 39 kg/m² est de 4,25 €/m² soit 4 250 € pour un bâtiment de 1000 m² (Marge PA de 0,17 €/kg X Nb de kg X Nb de lots). Il faut retenir que le coût de cette norme bien-être est de 1 €/m² par baisse de 1 kg de production en poulet standard (cf. tableau).
Pour diminuer ce coût, le multi-enlèvement à des stades de production différents peut constituer une solution (cf. simulation). A condition que l’intégrateur donne son feu vert. Il ne peut donc pas concerner l’ensemble des éleveurs, et apporte des contraintes supplémentaires. Le principal avantage est d’augmenter la productivité par m² sans dépasser les normes de la directive.

Jean-Christophe Séité
Cogedis

*Cette directive ne s’applique pas aux exploitations de moins de 500 poulets, ni aux exploitations où sont élevées des reproductrices et aux couvoirs, ni aux poulets biologiques, aux systèmes extensifs et plein air.




Simulation


Monsieur Yvon Laplume exploite 1000 m2 de poulailler en poulet standard.

Scénario 1 : baisse de la densité
Yvon Laplume réduit sa densité de 42 kg/m² à 39 kg/m². Il perd
0,51 €/m²/lot s’il garde les mêmes caractéristiques de production, c'est-à-dire 1,83 kg de poids à la vente. Pour cela il est obligé de diminuer sa densité (21,3 poulets/m² au lieu de 23 poulets/m²)

Scénario 2 : multi enlèvement
Une partie du lot en enlevé à 35 jours, soit 6 poulets/m² pour de la production de poulet export, et le reste est enlevé à 40 jours en poulet standard. Avec cette pratique, Yvon Laplume atteint deux fois le pic maximum de production et il optimise la production vis-à-vis de la réglementation. Cependant cela engendre des frais supplémentaires (frais d’enlèvement, frais vétérinaires...).
Avec cette configuration, la marge PA/m²/lot est identique
(6,84 €/m²/lot au lieu de 6,86 €/m²/lot). La multiplication des enlèvements à des poids et âges différents sera donc une piste intéressante.



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Avril 2010
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Alain Boutin et Marie-Laure Ropers à Ploubazlanec (22) / Un écrin d'arbustes et de fleurs pour se détendre





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