Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°10603 |
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PORCS / Maternité collective de Trébrivan (22) - Le préfet a signé l’arrêté d’autorisation
 

Le projet de maternité collective pour 883 truies au lieu dit Ker Anna à Trébrivan (canton de Maël Carhaix -  22), conduit par 5 éleveurs de porcs du département dans le cadre d’une restructuration, fait débat depuis 2007. Une première demande d’autorisation avait d’ailleurs été refusée en 2008, ce qui avait amené les éleveurs à déposer un nouveau dossier début 2009. Il est toujours contesté par une association locale.
Le préfet des Côtes d’Armor, Jean-Louis Fargeas, vient pourtant de donner un avis favorable, autorisant cette maternité collective de 883 truies. Il s’en est expliqué devant la presse, jeudi dernier, en présence des différentes administrations concernées. « Il s’agit d’une maternité collective pour 5 élevages porcins déjà autorisés, sans extension de cheptel, ni unités d’azote supplémentaires. Un  atelier qui permet en outre l’amélioration des conditions de bien-être animal, et une mise aux normes des élevages ».


Aucune raison de refuser


En  fait après un examen approfondi du nouveau dossier, le préfet n’a trouvé aucune raison ni réglementaire, ni environnementale pour s’opposer. Il le voit plutôt comme un modèle du genre.
Il explique : sur le plan réglementaire, « la commune de Trébrivan se situe hors ZES, n’est ni en BV contentieux, ni en BV algues vertes. Le projet respecte la réglementation ICPE (Réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement), les normes du bien-être animal sont également respectées… ». Sur le plan environnemental : « La pression azotée est diminuée de 12 %, les rejets d’ammoniac sont réduits de 65 % du fait du traitement de l’air, l’insertion paysagère a été prévue… ». Précisant en outre que « sur le plan des rejets, un atelier de 883 truies en naissage uniquement correspond à un atelier de 150 truies NE ».
Il souligne par ailleurs que le commissaire enquêteur a émis un avis favorable, après que les éleveurs aient revu un aspect du plan d’épandage. « Ce qui a permis de réduire le nombre de parcelles et de faire en sorte que la plus éloignée se situe à 5 km ».
Une majorité des  conseils municipaux sollicité, 5 sur 7, ont émis un avis favorable dont celui de la commune concernée (Trébrivan), l’un a donné un avis défavorable (Treffrin) et un autre ne s’est pas  prononcé (Locarn). Le CODERST (Conseil Départemental de l'Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques), ex-Comité d’Hygiène, s’est lui aussi prononcé favorablement par 12 voix pour, 3 rejets et une non-participation au vote.


Les opposants se remobilisent


Tous ces éléments réunis ont donc permis au préfet de se forger une opinion. « Je n’ai aucune raison pour refuser ce dossier, sauf à refuser tous les dossiers » a conclut Jean-Louis Fargeas. Christian Schwartz, Directeur départemental des territoires et de la mer (DTTM), regroupement DDAF et DDE,  précisant : « C’est un projet exemplaire qui allie la dimension économique en optimisant les outils de production avec création de 4 emplois sur le secteur et la dimension environnementale. Un exemple de développement durable ».
Pas sûr cependant que les opposants se satisfassent de cette décision préfectorale. Le comité de défense local « sous le vent, les pieds sur terre » a d’ores et déjà annoncé son intention de poursuivre en justice.

Pierre Dénès


Photo : Le préfet Jean-Louis Fargeas a expliqué les raisons qui ont motivé son avis favorable.





RÉACTIONS


Jean-Pierre Le Bihan, Responsable environnement de la Chambre d’agriculture 22


La Chambre d’agriculture accueille avec satisfaction la décision du préfet. C’est un projet qui permet aux éleveurs concernés de se conformer aux normes bien-être, tout en améliorant leurs conditions de travail. Le projet est mis en œuvre dans un canton qui n’est plus ZES, hors des BV algues vertes ou contentieux et qui a vu ces dernières années sa pression azotée diminuer, du fait notamment de la restructuration dans le secteur de la volaille. De même ce projet n’accroît en rien les quantités d’azote épandues, elles vont même diminuer de 12 %. Il rappelle aussi que ce regroupement permet aux éleveurs de mettre en place des équipements relativement coûteux, comme le lavage d’air qu’ils n’auraient pas pu mettre en place individuellement. Et conclut sur le fait que les maternités collectives déjà en place fonctionnent bien.


Thierry Thomas, Porte parole de la Confédération Paysanne


La Confédération Paysanne estime que dans le contexte actuel, le préfet donne un signal fort  qui conforte les grandes unités de production. Un message qu’il considère beaucoup plus flou et contradictoire en direction des paysans, dans la mesure où il est en contradiction avec les déclarations de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat de l’écologie, qui déclarait il y  a quelques  mois, « le développement des élevages en Bretagne c’est fini ». Il ne comprend pas que l’on essaye d’imposer un mode de production dont la société ne veut pas. Et constate une nouvelle fois que par sa décision, et compte tenu de l’hostilité locale, ce sont encore les tribunaux qui vont décider. Sur le dossier proprement dit, il regrette que le préfet, s’il n’avait pas d’argument réglementaire pour le refuser, n’ait pas au minimum imposé le traitement ou le compostage. Rappelant que dans ce secteur des éleveurs pourraient demain se voir privés de surfaces d’épandage disponibles pour répondre aux nouvelles normes, notamment phosphore.



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Avril 2010
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