
La nécessité de traiter les animaux atteints de maladies (mammites, boiteries…) conduit à utiliser de nombreux traitements dont, en particulier, les antibiotiques. D’où des risques de résidus dans le lait.
Dans de nombreux pays, la recherche d’inhibiteurs fait partie intégrante d’une démarche de prévention des risques et est même parfois intégrée dans les mesures obligatoires. En Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Royaume-Uni, plus de 50 % des élevages à plus de 300 000 litres de quota utilisent la méthode HACCP,référence en matière d’analyse et de prévention des risques. En France, des initiatives pour développer l’utilisation de cette méthode au niveau des élevages ont été mises en œuvre par différents organismes comme la SNGTV ou l’Institut de l’Elevage.
Situations à risque
Quelle que soit la voie d’administration, le lait peut être contaminé du fait du passage, à un moment donné, des antibiotiques dans la circulation sanguine. La réalisation d’un test constitue une garantie supplémentaire par rapport à la modification du temps d’attente défini forfaitairement par la réglementation (7jours lait). En pratique, les enquêtes disponibles identifient les principaux traitements à l’origine de résidus :
• Traitements intramammaires (majorité des contaminations) :
• Traitements par voie générale (voie intra- musculaire ou intraveineuse).
• Autres traitements par voie locale pour lesquels des études ont démontré qu’ils étaient aussi potentiellement à l’origine de la présence de résidus (traitements locaux au niveau du trayon ; traitement par voie locale de troubles de la reproduction ; traitement oculaire ; etc.).
L’utilisation du test répond à de nombreuses situations à risque :
- Passage par erreur à la traite d’animaux dont le lait aurait dû être éliminé ;
- Décalage entre le nombre d’animaux prévus pour une élimination du lait et le nombre enregistré à la fin de la traite ;
- Vérification aléatoire des bonnes pratiques (ce n’est pas la personne habituelle qui a fait la traite le week-end, les congés…) ;
- Ce n’est pas la même personne qui fait les traitements et la traite ;
- Risque de présence de résidus sur des laits d’animaux pour lesquels le protocole de traitement a été modifié (passage de 4 à 6 injections intramammaires, augmentation de dose, association d’antibiotiques…).
- Allongement de la durée de traitement ou modification des doses ;
- Modification de la voie d’administration ;
- Durée de tarissement trop courte pour des animaux ayant reçu un traitement au tarissement ; etc.
D’après Jean-Michel Fabre, Bulletin GTV
Photo : La modification de traitement (passage de 4 à 6 injections intramammaires, l’augmentation de dose, l’association d’antibiotiques…) sont des facteurs de risque.
Intérêt économique
Pour ce qui concerne le nombre de tests utilisés par an, des hypothèses ont été prises concernant le nombre d’erreurs possibles au moment de la traite (1 à 3%) et le nombre
d’animaux recevant un traitement modifié nécessitant la réalisation d’un test (10 à 15%).
Les résultats présentés montrent que pour les élevages types choisis (40 à 120 vaches) et les hypothèses retenues, le coût par élevage et par an se situe entre 50 et 150 €, hors temps passé, contre plus de 500 € pour une pénalité. Le temps de travail peut être estimé à 5 minutes par analyse réalisée.
Quel test utiliser ?
Sans rentrer dans le détail, on peut considérer que les tests microbiologiques sont les mieux adaptés à une utilisation au niveau des élevages pour les raisons suivantes :
• Un spectre large : ces tests sont sensibles la quasi-totalité des antibiotiques. L’éleveur peut les utiliser quels que soient (ou presque) les antibiotiques utilisés.
• Une sensibilité proche des tests officiels. Si le test est négatif, les tests officiels le sont aussi.
• Des outils adaptés aux éleveurs avec une très bonne répétabilité. Des « kits éleveurs » ont été développés d’une utilisation très simple et déjà utilisés quotidiennement par des milliers d’éleveurs.
• Des coûts limités : le coût du test (consommable) se situe entre 1,5 et 2 € (hors main-d’œuvre), le coût du matériel se situant entre 100 et 200 €.