
Dans son rapport d'orientation, Gilles Lavollée, président du GDS 35, a réalisé un flash back sur les temps forts de la décennie passée, en matière de sanitaire : fièvre aphteuse en 2001, 47 élevages touchés par l'ESB avec l'abattage de 4 400 bovins, actions IBR, brucellose… Concernant la plus récente FCO, le président a rappelé que 516 cheptels ont été déclarés infectés sur le département. "Sur 2009, 92% des élevages ont été vaccinés", a rappelé le GDS qui a, en parallèle, mis en place une pharmacovigilance visant à éclaircir le lien entre vaccination et problème sur le troupeau.
Sur les 51 dossiers renseignés par les vétérinaires sanitaires, la mortalité reste la cause de déclaration la plus fréquente. "Les déclarations pour réactions locales semblent par contre faibles dans le département. Il est important de déclarer ce type d'effets", ont noté les responsables. Par ailleurs, les GDS de Bretagne, en collaboration avec l'Ecole vétérinaire de Nantes, travaillent sur l'impact des vaccins sur la reproduction et sur un éventuel rapport de la FCO avec le taux cellulaire. Les premiers résultats devraient être communiqués pour le printemps 2010.
Concernant le refus de la vaccination obligatoire en 2009 par près de 200 éleveurs du département, Thomas Berthe, directeur de la nouvelle DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations) qui englobe l'ex-DDSV, a précisé que ce sont les tribunaux de Saint-Malo et Rennes qui détermineront la nature et le montant des sanctions. "Pour 2010, nous aurions souhaité que l'Etat considère les demandes de dérogations avec une participation financière", ajoute Gilles Lavollée.
"La vaccination a montré son efficacité sur la progression de la maladie. Avant de décider de l'arrêter, nous devons disposer d'éléments plus clairs. La réflexion se poursuit en partenariat avec les éleveurs, les scientifiques et l'Etat", note Thomas Berthe. De son côté, l'Inra de Nantes se penche sur l'évaluation économique de stratégies alternatives.
Un nouveau service, l'autopsie
Lors de l'assemblée générale, un nouveau service a également été présenté par le GDS : l'autopsie. Seuls sont pris en charge les animaux morts depuis 12 heures maximum. "Le coût de ce service (transport, autopsie et analyses) sera forfaitaire : 100 euros". Concernant la BVD, les responsables s'inquiètent d'une "amélioration inégale et lente au regard des moyens financiers engagés. Les éleveurs doivent se mobiliser pour mettre en œuvre les recommandations du GDS".
Intervenant à l'assemblée générale, Laurent Journaux, responsable du service génétique à l'Unceia (Union Nationale des Coopératives agricoles d'Elevage et d'Insémination Animale), a fait le point sur l'application de la génomique en gestion sanitaire, déjà en cours dans certains pays. "Demain, il sera sans doute possible de sélectionner des animaux résistants à telle ou telle maladie ou d'éliminer ceux qui sont très sensibles. Mais dans un premier temps, des observations et des enregistrements doivent être récoltés en élevage, sur des populations d'individus", a informé le scientifique. Les carnets sanitaires sont des outils à valoriser par exemple.
Agnès Cussonneau
Photo : Laurent Journaux, Responsable du service génétique à l'Unceia.