L’Allemagne s'affirme désormais comme le pays d’Europe incontournable, « décomplexé », notent les observateurs politiques. Face à une France toujours à la traîne dans ses réformes. Sur le soutien financier de la Grèce, Angela Merkel a accepté le compromis. L’Allemagne ne voulait pas que l’Europe vienne au secours d’un pays qui paie aujourd’hui les fruits de son laxisme passé. Préférant que le FMI (Fonds monétaire international) s’en mêle. Finalement la solution proposée fera appel aux deux : les pays européens et le FMI. Un appel au FMI qui pourrait être interprété comme un signe supplémentaire de faiblesse d’une Europe incapable de régler ses propres problèmes. Angela Merkel doit tenir compte d’une opinion publique plutôt opposée à la participation du pays à la solidarité, ayant déjà fait des sacrifices depuis quelques années. Mais aussi prendre compte des contingences électorales (dans le land de Rhénanie-Westphalie début mai). L’agriculture aussi, prends du poids en Allemagne. Depuis 2008, elle rattrape la France au rang de troisième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires, aidée par sa situation géographique, au centre de gravité de l’Europe économique. De plus, le différentiel de coût du travail avec l’Allemagne qui avait longtemps constitué un avantage pour l'économie française, diminue. Outre-Rhin, le coût unitaire de la main-d'oeuvre a baissé depuis 2000 de 1,3 % contre une augmentation de 17 % en France. Mais il n’y a pas que les salaires. Des filières porcines de pays européens, estiment que l’Allemagne bénéficie d’autres conditions avantageuses, provoquant la délocalisation d’entreprises vers l’Allemagne et vers d’autres pays européens comme la Pologne.