
L’atelier porcin de Jean Marcel Urvoy et Jean-Yves Boutoux. (400 truies NE) au Rhun en Tressignaux compte cinq actifs : les deux éleveurs et trois salariés Gabriel Bouvet, Marinette Naudi et Patricia Le Corre.
La mixité n’est pas une nouveauté dans cet élevage, puisque Marinette y travaille depuis 16 ans. Originaire des Pays de la Loire, elle a intégré l’élevage après un BTS Productions animales. « C’était mon premier poste, je suis resté ».
Le parcours de Patricia est différent dans la mesure où elle est venue à l’élevage, suite à une reconversion professionnelle. « J’étais contrôleuse qualité dans un abattoir de volailles. J’ai été licencié suite à la crise avicole. J’en ai profité pour me reconvertir ». Dans le cadre de son stage de reconversion, elle est venue sur l’élevage du Rhun. Elle aussi est restée et occupe un poste en maternité depuis 2 ans.
De nouvelles responsabilités
Pour les éleveurs, la présence de deux femmes dans l’équipe de l’élevage n’est surtout pas un problème. L’embauche de Patricia a conduit à engager une réflexion sur certaines tâches, dont l’échographie confiée jusqu’à ces derniers mois à un prestataire extérieur, ou le tatouage effectué sur les porcelets entre 8 et 10 kg ou encore la gestion technique.
Avec la volonté de donner des responsabilités aux salariés et de valoriser les compétences, l’élevage a donc fait l’acquisition d’un échographe et d’un appareil d’identification pneumatique qui permet d’identifier seulement quelques jours après la naissance. Elles ont bénéficié d’une formation à ces nouvelles tâches. De nouveaux locaux ont également été aménagés par Gabriel Bouvet, le troisième salarié, pour un bureau et des espaces de rangement des matériels. « Les hommes de l’élevage bénéficient aussi des évolutions », insiste Jean Marcel Urvoy.
Concrètement, Marinette a en charge le secteur de la reproduction et effectue donc les échographies, alors que Patricia assure l’identification et la traçabilité des porcs, ainsi que la gestion technique qui vient de lui être confiée. C’est à ce titre que l’élevage a déposé un dossier, en relation avec le groupement Aveltis, pour bénéficier des aides prévues dans le cadre de la mixité des emplois et l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes (aide à la formation, à l’investissement).
Pour Bernadette Van Den Driessche, chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l’égalité, cet exemple illustre que les femmes peuvent parfaitement trouver leur place dans les exploitations. « Un exemple concret de promotion des femmes au sein des exploitations comme salariées ».
Pierre Dénès
Photo : Jean Marcel Urvoy (à droite) et Jean-Yves Boutoux (à gauche) ont témoigné de leur motivation pour ce 1er contrat pour la mixité des emplois dans le cadre de l’égalité professionnelle, avec leur trois salariés Patricia Le Corre , Gabriel Bouvet et Marinette Naudi.
La place des femmes dans les exploitations
- 32 % des salariés agricoles (10121) sont des femmes
- 48 % dans le secteur du maraîchage, de l’horticulture et des pépinières
- 31 % dans les élevages spécialisés de gros animaux (porcs, bovins)
- 12 % dans les métiers du paysage