
Au niveau national, la surface totale implantée en légumes destinés à l'industrie passerait, selon les prévisions, en dessous de 60 000 ha. La crise a modifié les comportements d'achat à partir de mi-2008. "Le marché du légume surgelé et appertisé s'est durci avec une baisse de la consommation et la présence accrue de produits d'importation sur le marché français", a évoqué Serge Le Bartz, président de l'Uopli (Union des Organisations de Producteurs de Légumes destinés à l’Industrie en Bretagne), lors de l'assemblée générale le 1er avril à Loudéac.
Baisse des exportations françaises
Certains pays d'Afrique (Cameroun, Kenya, Madagascar) sont de gros exportateurs sur la France. Des pays européens comme les Pays-Bas et l'Espagne également. Même si la France reste un exportateur majeur en légumes industrie, les ventes à l'étranger ont diminué sur 2009. "Les industriels doivent aujourd'hui écouler les stocks, d'où la baisse importante de la production".
"Globalement de 2006 à 2009 en France, l'achat de légumes en conserves (environ 850 000 t par an) ne s'est pas effondré. Par contre, sur 2009, les volumes achetés pour le haricot vert ont régressé de 3%. En petit pois, la diminution est la même - une tendance à la baisse observée depuis plusieurs années. La consommation reste stable sur les flageolets", a synthétisé Agnès Bernardin, directrice de l'Unilet (Interprofession des légumes en conserve et surgelés).
Les monolégumes et poêlées touchés par la crise
S'agissant des surgelés, "qui connaissaient une dynamique de croissance depuis une vingtaine d'années, les volumes achetés ont chuté de 2,6% sur 2009". En valeur, ce marché de 720 millions d'euros a accusé une baisse de 2,3%. Les monolégumes, représentant plus de la moitié des 266 000 t de surgelés vendues, ont chuté de 2%. "Le transfert entre légumes frais et surgelés lié aux effets prix, joue un rôle important sur ce marché. Le frais a regagné des volumes pendant la crise". Pour les "mélanges", la baisse atteint 5%, engendrée par les moindres achats de poêlées. La forte chute du nombre de repas pris hors domicile a également des conséquences sur les ventes de légumes surgelés.
Concernant les circuits de distribution, la directrice de l'Unilet fait remarquer que les hypermarchés sont les seuls à avoir tiré leur épingle du jeu pendant la crise, que ce soit en légumes frais, conserve ou surgelé. Ils ont même pris des parts de marchés aux supermarchés, hard discounts, primeurs et marchés traditionnels. "Concernant les surgelés, les hard discounts ont choisi de les sortir de leurs rayons, car ils sont jugés peu rentables".
Contraintes phytosanitaires
Lors de l'assemblée générale, les représentants bretons sont également revenus sur la problématique phytosanitaire. "Du fait du retrait de certaines molécules, nous avons connu des difficultés sur la production 2009, notamment en haricot avec le sclerotinia", déclare Serge Le Bartz. Et de préciser : "Certains pays n'ont pas les mêmes contraintes au niveau environnemental". Par ailleurs, les producteurs ont évoqué la mise en place d'un réseau de fermes de références spécifique "légumes industrie" dans le cadre du programme Ecophyto 2018.
Agnès Cussonneau
Photo : Les membres de l'Uopli ont évoqué les difficultés de marché de leurs secteurs.
En bref
• Surfaces en légumes industrie. Avec près de 27 000 ha implantés en 2009, les surfaces bretonnes ont chuté de 560 ha.
• Attribution de DPU. Les producteurs de légumes industrie se montrent satisfaits, même si elle sera plafonnée à
100 euros/ha.
• Dossier irrigation. Monté il y a deux ans avec la Chambre d'agriculture et les OP, il a abouti à une enveloppe de 1,75 million d'euros réservée à la réalisation de retenues collinaires ou l'extension de réseau d'irrigation. Les subventions concerneront jusqu'à 40% des investissements en Finistère et Morbihan et 20% pour les Côtes d'Armor et l'Ille-et-Vilaine.
• Mouche de la carotte. En 2009, 40 parcelles ont été suivies dans le cadre du réseau de piégeage. Ce dispositif permet aux producteurs et techniciens de bénéficier d'informations complémentaires pour protéger leurs cultures.